02/09/2007
Sheikh Abdul-Bari az-Zamzami, un leader religieux très influent, a choisi de se présenter contre le PJD lors des élections du 7 septembre au Maroc. Cette division constitue un défi pour le PJD, bien que de nombreux responsables et analystes estiment que les deux partis seront représentés dans la prochaine assemblée.
Par Mawassi Lahcen pour Magharebia à Casablanca – 02/09/2007
![]() [Mawassi Lahcen] Le PRV a fait appel au leader religieux Sheikh Abdul-Bari az-Zamzami pour récolter des voix islamistes face au PJD. |
Le Parti pour la Justice et le Développement (PJD) ne sera pas le seul parti islamiste à participer aux élections législatives au Maroc. Il devra également compter sur les candidats du Parti de la Renaissance et de la Vertue (PRV), un mouvement dissident, et sur ceux du Parti de l'Alternative Civile, qui n'a obtenu que récemment l'autorisation de participer publiquement aux affaires politiques.
Le PRV est désormais un concurrent sérieux du PJD dans certaines circonscriptions, après avoir attiré des responsables fondamentalistes tels que le propagandiste Abdul-Bari az-Zamzami, qui se présente dans la circonscription Casablanca-Anfa, aux côtés de plusieurs anciens parlementaires du PJD. Le PRV a bénéficié du mécontentement envers les candidats du PJD dans certaines régions, qui avaient été élus sans concurrence.
Le PRV présente des candidats dans soixante des quatre-vingt-quinze circonscriptions électorales du Maroc, en plus de la nomination d'une liste nationale de femmes. Selon le secrétaire général du PRV, Muhammad Khaleidi, "nous pensions au départ présenter des candidats dans chacune des circonscriptions, mais nous avons préféré nous limiter à celles dans lesquelles nous avons une chance de l'emporter, et y concentrer nos ressources et nos capacités."
Khaleidi affirme que son parti sera capable de constituer un groupe parlementaire dans la future assemblée. Selon le règlement interne de l'assemblée, il faut au moins vingt élus pour constituer un groupe.
Abdul-Bari az-Zamzami est considéré comme la personnalité religieuse la plus influente à Casablanca. Il a occupé les fonctions d'imam pour la prière du vendredi et de khatib à la mosquée Waled al-Hamra de Casablanca entre 1976 et son arrestation par les autorités marocaines en 2001. Az-Zamzami avait soutenu le PJD lors des élections de 2002, et selon nombre d'analystes, il aurait permis au PJD de remporter deux sièges dans la circonscription de Anfa.
Il devrait bénéficier du soutien des électeurs de Anfa, du fait en particulier que le PJD ne présente aucun candidat dans cette circonscription. Le PJD s'est plutôt attiré un certain mécontentement en choisissant à la place de soutenir son allié, le Parti des Forces Citoyennes, en la personne de son responsable, Abderrahim Al Hajouji.
Le Parti pour l'Alternative Civile présente, quant à lui, des candidats dans trente-sept circonscriptions seulement. Son dirigeant, Mustapha al-Muatassim, a déclaré à Magharebia: "Nous voulions présenter des candidats dans cinquante et une circonscriptions, mais nous étions inexpérimentés et avons commis quelques erreurs lors de la préparation des dossiers des candidats, ce qui a entraîné l'invalidation de ces listes par le Ministère de l'Intérieur dans quatorze d'entre elles. De plus, notre liste nationale de femmes n'a pas été acceptée, parce que nous l'avons présentée avec du retard. Cela réduit fortement nos chances, sans parler de la faiblesse de nos moyens par rapport aux autres partis en lice."
Le secrétaire général du PJD, Saad al-Din al-Othmani, a expliqué à Magharebia que le résultat des élections confirmeraient que cette dissidence au sein du PRV ne présentait aucun risque de réduire les chances de son parti d'obtenir une représentation parlementaire. Al-Othmani estime que son parti pourra remporter un million de voix et soixante-dix sièges au parlement.
Nasr al-Sharaibi, président de l'Association Modernité et Démocratie, atténue également l'incidence de cette dissidence du PRV au sein du PJD. "Je ne crois pas qu'elle aura un grand effet, parce qu'elle est intervenue tardivement", a-t-il expliqué à Magharebia. Al-Sharaibi pense que grâce à sa très bonne organisation et à ses ressources considérables, le PJD a peu à craindre lors de ces élections. Il a ajouté que peu de partis pouvaient s'attendre à obtenir vingt pour cent des sièges à l'issue du scrutin.
Mailoud Belqadi, professeur en sciences politiques et chercheur à Rabat, a déclaré à Magharebia que malgré cette concurrence de deux nouveaux partis, le PJD sera une constante dans l'équation politique au Maroc. "Le type de scrutin, la participation escomptée et le grand nombre de partis permettent difficilement à un quelconque parti d'obtenir 50 des 325 sièges", a-t-il expliqué. "Je pense toutefois que le PJD est en mesure d'y parvenir."
Mais M. Belqadi affirme qu'il est peu probable que les Islamistes remportent ces élections."Le gouvernement sera formé à partir d'une coalition de partis", explique-t-il. "Quant aux partis islamistes en lice, je ne pense pas que leur représentation dépassera un total d'une soixantaine de sièges, ce qui ne leur confèrera pas la majorité nécessaire pour former le gouvernement. Je pense donc que si ces trois partis islamistes font leur entrée au parlement, ce sera dans l'opposition."