Magharebia
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Interview : Une candidate juive lors des élections législatives au Maroc

31/08/2007

Maguy Kakon dirige la liste des candidats représentant le Parti du Centre Social (PCS) pour les élections législatives de 2007 au Maroc. Dans un entretien avec Magharebia, la première femme juive à se présenter à des élections parle de sa décision et de ses ambitions.

Interview par Hassan Benmehdi pour Magharebia à Casablanca – 31/08/2007

[Hassan Benmehdi] Maguy Kakon (à droite) avec un groupe de femmes dans le quartier de Derb Sultan à Casablanca.

Maguy Kakon, candidate du Parti du Centre Social, espère être la première femme juive élue au parlement marocain. Mme Kakon a pris quelques minutes de sa campagne pour s'entretenir avec Magharebia de son identité marocaine et de ses intentions politiques.

Magharebia: Pourquoi vous présenter à la députation dans un pays musulman, alors que vous êtes juive ?

Maguy Kakon: Je me considère comme une citoyenne marocaine. Je suis d'abord et avant tout une Marocaine. Je ne fais pas de politique pour prêcher ma religion ni pour affirmer que j'appartiens à telle ou telle confession. Ma religion est un atout et une différence qui apportera un peu de diversité culturelle, et tant mieux. Mais pour moi, le plus important est mon implication en tant que citoyenne marocaine.

Faire de la politique est un droit, que j'exerce librement et sans aucun obstacle. Je mène maintenant ma campagne, et le fait sur une base non religieuse. Quant à ma religion, c'est purement une conviction personnelle, que je mets de côté. Je crois que la religion est une chose intérieure, qui ne devrait pas interférer avec la politique.

Magharebia: Durant votre campagne, vous vous êtes rendue à Hay Moulay Rachid, l'un des quartiers les plus déshérités de Casablanca. Comment y avez-vous été accueillie ?

Kakon: J'ai été vraiment très heureuse. J'ai reçu un accueil chaleureux. Nous avons parlé à des jeunes et à des moins jeunes, à des femmes portant le voile et à des hommes âgés. Nous avons parcouru tout le quartier. En tant que femmes effectuant une visite électorale pendant plus de trois heures, nous n'avons rencontré aucun problème ni aucune difficulté. Nous avons parlé avec des jeunes, déçus mais qui espèrent toujours que le changement interviendra. Nous avons pu susciter un certain espoir en eux. Nous avons tenté de leur expliquer qu'ils doivent croire au changement. J'espère que nous continuerons dans le même esprit. Les gens nous ont aussi parlé de leurs problèmes. Nous leur avons prépondu, non par des promesses, mais en leur montrant que le changement est une lutte qui doit être menée tous les jours. Magharebia: Pourquoi avoir choisi le Parti du Centre Social ?

Kakon: J'ai toujours été une femme engagée dans le soutien à de nombreuses causes. J'ai rejoint les rangs du PCS et soutiens son programme et ses idées parce que, tout simplement, elles sont en accord avec mes convictions et ma vision des choses. Par ailleurs, le PCS est un jeune parti du centre de l'échiquier politique, parce que nous voulons rester modérés et novateurs. Le centre doit devenir la véritable voie en politique. De plus, le PCS n'a pas été laminé par les aléas de la politique.

Magharebia: Quels sont les points forts de votre programme ?

Kakon: Notre programme se concentre sur l'éducation, l'emploi, les jeunes et les zones rurales. Nous allons intensifier nos efforts pour promouvoir les droits des femmes dans le cadre de la Moudawana.

Nos [principaux atouts] sont… notre crédibilité et la force du message que nous faisons parvenir aux électeurs. Quoi qu'il arrive, nous devrons cependant attendre le verdict des urnes.

Magharebia: Que pensez-vous de la participation des femmes en politique ?

Kakon: Je pense que les femmes du Maroc ont accompli jusqu'à présent des progrès remarquables. Nous ne pouvons revenir en arrière. Le processus démocratique a fait naître de grandes attentes dans notre pays.