29/08/2007
Si les partis politiques marocains sont unis dans leur discours de lutte anti-terroriste, seuls quelques-uns ont présenté des plans d'action concrets pour lutter contre ce phénomène.
Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 29/08/2007
![]() [Sarah Touahri] Le premier secrétaire de l’USFP, Mohamed El Yazghi (à droite), et le Ministre des Finances et du Commerce, Fathallah Oualalou, lors de la présentation du programme du parti. |
Les partis politiques marocains proposent dans leur programme des mesures pour lutter contre le terrorisme et promouvoir une culture de la paix. Bien que la plupart des partis n'offrent rien de plus que des déclarations prometteuses, plusieurs d'entre eux ont identifié la sécurité et la réforme de l'enseignement comme des points importants.
Mohamed El Yazghi, le premier secrétaire de l'Union Socialiste des Forces Populaires, a déclaré que le programme de son parti s'intéresse au progrès économique, social, culturel et politique, et refuse un Maroc de la régression, de la haine et du fondamentalisme. "Les principaux axes proposés par l’USFP visent à créer un Maroc dynamique, de solidarité sincère avec les victimes du terrorisme et de soutien aux agents de sécurité qui défendent notre société et protègent nos vies", a-t-il déclaré.
M. El Yazghi propose de renforcer et restructurer les agences chargées de faire appliquer la loi et de les doter des moyens nécessaires pour restaurer la paix et l'ordre. Selon l'USFP, les autorités devraient disposer de pouvoirs plus importants pour prendre des mesures de précaution pour instaurer la stabilité dans la région et lutter contre les risques liés aux groupuscules terroristes.
Pour sa part, Istiqlal affirme dans son programme que l’édification du Maroc de l’avenir devra se fonder sur la consolidation de la sécurité et de la stabilité, à travers la lutte contre le terrorisme et les idéologies destructrices. "On ne peut imaginer l’édification du Maroc de l’avenir que par l’attachement du peuple marocain à son identité, à ses constantes nationales, et par l’acquisition de l’immunité nécessaire pour faire face à tout ce qui menace son humanisme et sa stabilité, en premier lieu l’attachement aux nobles valeurs de l’Islam fondées sur la Shoura, la tolérance, la solidarité, l’entraide, le respect des Droits de l’Homme et le rejet du sectarisme, de l’extrémisme et du dogmatisme", affirme le bureau politique du mouvement.
Le Parti de la Justice et du Développement, quant à lui, évoque la nécessité de l’adoption d’un plan pour l'encouragement à la modération religieuse, la lutte contre la misère sociale, l'éducation à la réelle citoyenneté et le dialogue avec tous ceux qui pourraient avoir une influence sur les éléments terroristes. "Seul ce dialogue pourra dégager les voies à suivre", indique Mustapha Ramid, parlementaire sortant du PJD.
Le secrétaire général du Parti Socialiste Unifié (PSU), Mohamed Moujahid, affirme que l’Etat remplit déjà son rôle sécuritaire, mais qu'il doit envisager d'autres moyens pour lutter contre le terrorisme. Le PSU propose dans son programme de renforcer la démocratie, de bâtir une économie forte et de réformer l’enseignement. "Parmi les causes du terrorisme figurent la pauvreté et le contenu de l’enseignement, qui pendant longtemps, n’a pas incité pas au modernisme et à la diversité", affirme-t-il.
Fatima Mustaghfir, du Mouvement Populaire (MP), partage cette opinion. Elle explique que le phénomène est dû aux disparités sociales et à l’enseignement, qu’il faut réformer pour garantir un emploi à chacun.
Les partis politiques sont déterminés à jouer un rôle prépondérant dans la lutte contre le terrorisme. Pendant la pré-campagne électorale, le 6 août, le parti Istiqlal, l’USFP, le Mouvement Populaire, le Rassemblement National des Indépendants et le Parti du Progrès et du Socialisme ont publié un communiqué conjoint, affirmant qu’ils comptaient créer un comité pour lutter contre le terrorisme, précisant que ce comité sera chargé de "l'élaboration d'une stratégie unifiée pour une dynamisation optimale du plan de protection des acquis nationaux et démocratiques contre le terrorisme sous toutes ses manifestations, et ce, dans le cadre des prérogatives prévues par la loi et la Constitution."