28/08/2007
Deux partis politiques marocains ont choisi de ne pas participer aux prochaines élections législatives. Annahj Addimocrati et le Parti Démocratique Amazigh ont jugé que le gouvernement n'avait pas encore affiché un niveau d'équité et de transparence satisfaisant pour garantir leur participation.
Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 28/08/2007
![]() [Sarah Touahri] Le secrétaire général de Annahj Addimocrati, Abdellah El Harrif (à gauche), lors d'un rassemblement du parti. |
Alors que trente-trois partis politiques sont en lice pour les élections législatives du 7 septembre au Maroc, deux ont décidé de boycotter ces élections. Il s’agit du parti Annahj Addimocrati (Voie Démocratique) et du Parti Démocratique Amazigh Marocain.
Fondé en 1995, Annahj Addimocrati n'a jamais participé à une seule élection. Son principal allié, le Parti de l'Avant-Garde Démocratique et Socialiste (PADS) a décidé de mettre fin à son boycott des élections et de présenter des candidats pour la première fois depuis sa création en 1984.
Mustapha Bahma, membre du bureau politique de Annahj Addimocrati, a indiqué que le boycott des élections est un droit que son parti compte exercer tout en essayant de ne pas porter atteinte aux intérêts de ses alliés au sein du groupement national démocratique, le PADS, le Parti du Congrès National et le Parti Socialiste Unifié.
Le secrétaire général du parti Abdellah El Harrif affirme que son mouvement n'a constaté aucun changement dans la situation politique qui l’incite à participer aux prochaines échéances électorales, et que les circonstances actuelles ne permettent pas une participation objective. "Aucun changement n’est perceptible concrètement sur la vie des masses populaires. L’action du parlement est limitée et n’a pas un réel pouvoir de législation au niveau de la mise en œuvre des projets de lois, des orientations et des stratégies. Les ministres sont des fonctionnaires qui appliquent la politique du palais", a-t-il commenté.
Annahj Addimocrati considère que le résultat de ces élections ne pourra ni mener à la démocratisation de la vie politique, ni améliorer le niveau de vie des citoyens, ni arrêter la dégradation sociale et économique de la société marocaine. Le parti estime qu’il y a des actions plus importantes que la participation aux élections, notamment le militantisme de proximité pour élargir la marge des libertés et des Droits de l’Homme et appuyer le mouvement de lutte contre la hausse des prix, ainsi que le travail quotidien auprès des citoyens. Comme l'affirme El Harrif: "C’est par le travail de terrain qu’on pourra exercer une pression sur le parlement pour le pousser à prendre des décisions en faveur des masses populaires." Il appelle également de ses voeux "la réforme de la constitution et le changement des lois électorales pour démonter le cercle des personnes qui ont profité pendant longtemps de la situation et accumulé les richesses".
En mai, le Parti Démocratique Amazigh avait publié un communiqué expliquant sa décision de boycotter ces élections. Parmi les raisons invoquées par ce parti, "l’absence de la reconnaissance de l’identité et de la langue amazighes dans la constitution, ainsi que la continuité de la marginalisation stratégique de l’Etat des doléances des citoyens amazighs."
Le parti invoque aussi l’absence des conditions fondamentales pour la garantie d’une concurrence loyale et de la transparence des élections entre les différents partis politiques. Il appelle toutes les organisations amazighes à soutenir sa position concernant le boycott des élections. Omar Afden, membre du bureau politique du parti, affirme que parmi les obstacles qui empêchent la participation de sa formation figure l’absence d’une vision claire de leur transparence. Comme Annahj Addimocrati, il estime que le parlement ne dispose pas des pouvoirs suffisants pour mener à bien sa véritable mission.