27/08/2007
Alors que les électeurs marocains sont de mieux en mieux informés des sujets politiques, les partis politiques du pays se doivent de présenter des stratégies cohérentes s'ils souhaitent bénéficier du soutien populaire. Un certain nombre d'entre eux ont annoncé leurs intentions post-électorales, dont la plus grande partie est consacrée à la croissance économique et au chômage.
Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 27/08/2007
![]() [Sarah Touahri] Les partis politiques ont présenté leurs programmes électoraux à grands renforts de publicité. |
Les grands partis politiques du Maroc (USFP, Istiqlal, PPS, MP et PJD) ont dévoilé en grande pompe leurs programmes électoraux. Accusés par le passé de manque de stratégies cohérentes, ces formations politiques ont fait cette fois-ci appel à leurs dirigeants pour bien ficeler les détails économiques et sociaux de leurs plates-formes, appuyées par des chiffres. La promotion de l’emploi et la croissance de l’économie sont le fer de lance des programmes, même si la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption sont également au menu.
C’est l’Union Socialiste des Forces Populaires qui a ouvert le bal, le 8 juin, en diffusant son programme économique avant tout le monde. Le parti compte porter la croissance de cinq à sept pour cent, créer deux millions d'emplois sur cinq ans et éradiquer l'analphabétisme en seulement cinq ans. Il envisage de travailler dans cinq domaines : le renforcement du pouvoir d'achat, l'amélioration du climat des affaires, la modernisation de l'action de l'Etat, l'encouragement à la formation aux ressources humaines, et l'augmentation des dépenses de recherche et de développement, de 0,75 pour cent à 1,5 pour cent du PIB. Le premier secrétaire du parti, Mohamed El Yazghi, a ainsi déclaré: "Si l’USFP participe au gouvernement, le programme ne sera pas forcément uniquement celui de l’USFP. Mais nous allons essayer de convaincre nos partenaires de demain de la force et de la pertinence de nos propositions."
Istiqlal s'est engagé à créer 1,3 million d'emplois et de parvenir à une croissance économique de six pour cent, hors production céréalière. Il promet aussi une allocation de 1 200 dirhams (146 dollars) pour la scolarisation des enfants, 6 000 dirhams (732 dollars) pour les familles ayant en charge un handicapé, et 3 000 dirhams (366 dollars) une personne âgée. Selon Abdelhamid Aouad, membre du bureau politique du parti, ces objectifs seront atteints en mettant en oeuvre de nouvelles politiques sectorielles volontaristes favorisant la diversification de la production et l’émergence de pôles de compétitivité régionaux.
Le Mouvement Populaire table sur la création de 300 000 emplois par an, pour atteindre la barre de 1,5 million à l'horizon 2012. Le parti insiste sur la nécessité de réduire la pression fiscale sur les entreprises pour encourager l'investissement et l'embauche. Au plan social, le MP souligne l'importance de réduire le taux d'abandon scolaire, de généraliser le préscolaire et l'enseignement de la langue amazighe, tout en réduisant le taux d'analphabétisme.
Le programme du Parti du Progrès et du Socialisme (PPS) vise la création de deux millions d’emplois à l’horizon 2012, la lutte contre la pauvreté et l'exclusion, avec la promesse de réduire de moitié le nombre des pauvres au Maroc, la promotion de la participation des femmes au développement, la consécration de l'égalité des chances et le développement de la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption.
L’emploi figure également en tête des priorités du Parti de la Justice et du Développement, qui promet la réduction du taux de chômage dans les villes à douze pour cent et la création de 300 000 emplois stables chaque année. Le PJD table sur une économie solidaire, "basée sur la redistribution des richesses et l’ouverture avec des entreprises citoyennes à visage humain".
Il prévoit onze milliards de dirhams (1,3 milliard de dollars) par an en ressources supplémentaires grâce à plusieurs mesures, dont un fonds du zakat et un fonds spécial du habou.
Les responsables des partis politiques savent qu’aucun parti ne pourra obtenir la majorité à lui seul dans un paysage politique marqué par la diversité des formations politiques. Selon Ismail Alaoui, secrétaire général du PPS, "aucun parti ne peut espérer appliquer son programme dans son intégralité. Il est certain que le programme du prochain gouvernement sera négocié entre les différents partenaires qui se retrouveront dans le gouvernement."