27/08/2007
Malgré les réticences de nombreux électeurs, les partis politiques marocains continuent de battre le pavé en vue des élections du 7 septembre. Certains partis recyclent de vieilles méthodes et d'anciennes promesses, tandis que d'autres affichent un esprit plus novateur.
Par Imane Belhaj pour Magharebia à Casablanca – 27/08/2007
![]() [Imane Belhaj] Bien que l'intérêt des électeurs reste incertain, les affiches électorales fleurissent dans tout le pays. |
La campagne pour les septièmes élections législatives du 7 septembre au Maroc a débuté samedi 25 août. Pour la première journée, les partis politiques ont fait appel aux jeunes pour distribuer des tracts et coller les affiches dans les rues, pour tenter de convaincre un électorat de plus en plus réticent à se rendre aux urnes. Le deuxième jour, les ruelles des quartiers populaires ont fait le plein de représentants de différents partis, venus pour expliquer la plate-forme électorale de leur mouvement. Les partis tentent de s'assurer la majorité des 325 sièges de la Chambre des Représentants. Le scrutin se déroulera dans 95 circonscriptions électorales — quatre de plus que lors des précédentes élections en 2002.
Pour tenter de minimiser les distorsions entre les partis, les autorités locales ont déterminé des emplacements adaptés pour l'affichage des photos et des programmes des candidats et de leurs listes. Certains partis ont désigné des directeurs de campagne, chargés d'organiser et de superviser le déroulement de la campagne de leur parti.
L'un des directeurs de campagne pour un candidat du Mouvement Populaire a déclaré que l'objectif est de renforcer les interactions avec les électeurs. Chaque candidat du Mouvement Populaire doit avoir un directeur de campagne parfaitement au courant de la plate-forme électorale du parti et affichant une parfaite moralité et une réputation sans faille dans la circonscription, a expliqué ce directeur de campagne.
Ces directeurs de campagne ont bénéficié d'une formation de la part de plusieurs institutions internationales, telles que l'Institut Démocratique National américain et la fondation allemande Friedrich Naumann.
Hassan Rouhane estime que de nombreux candidats appréhendent d'aller dans les rues pour y rencontrer les gens, parce qu'ils ressentent un fort ressentiment et des griefs manifestes à leur encontre, susceptibles d'entraîner des confrontations.
Les habitants d'un quartier de la vieille ville de Casablanca sont résolus à expulser tout candidat qui se présentera à leurs portes. "Nous savons que ce sera la première et la dernière fois que nous le verrons ici... nous n'avons donc pas à écouter quelqu'un qui ne nous écoutera plus une fois entré au parlement à nos frais", explique Mohammed, un chef de famille.
Les candidats ne semblent pas pour autant découragés. "Je ne crois pas que les gens soient si mécontents, et il suffit d'avoir un discours convaincant pour être écouté", affirme Ali Foudail, professeur et directeur de campagne d'un candidat du Parti pour le Progrès et le Socialisme. "Quant au mécontentement affiché par certains, il pourrait résulter des candidats eux-mêmes dans le même quartier."
La résistance a néanmoins pris de très larges proportions dans certaines circonscriptions, comme à El Kbab, dans la province de Khénifra, où une majorité d'électeurs ont refusé de venir retirer leurs cartes d'électeurs. Nombreux voient dans ce geste une protestation contre la négligence affichée par le gouvernement pour cette région durant toute la législature précédente.
Hassan Khamlichi, un jeune espoir de 32 ans du parti Socialiste, mène sa campagne dans la région de Al Hoceima avec enthousiasme et optimisme, pour inviter les jeunes à s'engager dans l'action politique. Khamlichi a déclaré à Magharebia que sa campagne était centrée sur son engagement en faveur des électeurs sur trois points principaux : l'engagement à rester dans sa ville, "parce que la majorité des [élus] partent pour Rabat avec leur famille, ne revenant qu'à l'occasion des campagnes électorales"; la création de bureaux dans toutes les régions pour recevoir les problèmes et les doléances des citoyens et les résoudre en coopération avec les autorités compétentes ; et la promesse de n'effectuer qu'un seul mandat, permettant ainsi à un autre jeune d'entrer au parlement.