06/08/2007
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, le Maroc figure parmi les cinquante-sept pays qui connaissent une pénurie aigue en matière de personnel médical. Pour pallier ce manque, le pays vient de lancer une stratégie visant à former quelque 3 300 médecins par an d'ici 2020, au lieu de 900 actuellement.
Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 06/08/2007
![]() [Sarah Touahri] Le taux de couverture en médecins est faible, notamment dans les zones rurales |
Le Maroc envisage de pallier la pénurie de professionnels de la santé en formant 3 300 médecins par an d'ici 2020, au lieu de 900 actuellement. Le coup d’envoi de cette stratégie sera donné dès la rentrée universitaire 2008/2009, avec 1 300 nouveaux inscrits aux facultés de médecine et de pharmacie.
Le Premier Ministre Driss Jettou a présidé mercredi 1er août la signature d'un accord entre les Ministères de la Santé, de l'Education et des Finances, au siège de la Faculté de Médecine de Rabat, visant à faire passer le nombre de médecins de 5,1 à 10 pour 10 000 habitants à l'horizon 2020 et à améliorer la distribution des services médicaux dans l'ensemble du pays.
Dans une déclaration à la presse, le Ministre de l'Education Habib El Malki a indiqué que le gouvernement avait lancé cette stratégie sur la base d'une évaluation des services de santé dans le pays. "Nous nous sommes rendus compte qu’il y a un grand déficit en la matière. Le taux de couverture est faible. Il fallait donc revoir le programme de formation dans les facultés de médecine et de pharmacie. Cette initiative rentre dans le cadre de la préparation et de la valorisation des ressources humaines pour accompagner les grands chantiers économiques et sociaux du pays."
Les ressources humaines et financières sont déjà en place pour assurer le succès de cette initiative. Selon le Ministère de la Santé, l’initiative permettra de doter les facultés du financement nécessaire pour accompagner le recrutement des personnels enseignants, actualiser les cours de formation et améliorer les hôpitaux et les laboratoires.
Les professionnels de la santé, qui soulignaient ces dernières années la nécessité d'examiner attentivement les problèmes de planification et de gestion des ressources humaines de la santé, ont accueilli l’annonce de cette stratégie avec satisfaction. Le docteur Mohamed Cherqui a déclaré à Magharebia que l’initiative viendra répondre aux besoins au niveau des prestations médicales, de l'assistance médicale ainsi que de l'assurance maladie obligatoire. "Vue la demande croissante en matière des prestations sanitaires, il était temps de penser à former plus de médecins au Maroc. Cela faisait longtemps que les professionnels tiraient la sonnette d’alarme."
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, le Maroc figure parmi les cinquante-sept pays qui connaissent une pénurie aiguë en matière de personnel médical.
Outre ce déficit, le Ministère de la Santé tente de répondre à la mauvaise répartition des médecins à travers le pays. Selon les statistiques officielles, sur les seize mille médecins qui travaillent actuellement dans les secteurs public et privé, près de la moitié exercent à Rabat et Casablanca. Cela signifie que le rapport moyen docteurs-patients est beaucoup plus faible dans d'autres régions. Ainsi, les villes et les régions de Casablanca et de Rabat comptent-elles plus de sept mille médecins, tandis que la région de Taza-Al Hoceima-Taounate n'en compte que quatre cents.
Les zones rurales manquent de médecins, surtout de spécialistes, qui n’acceptent pas de travailler dans les établissements publics des régions les plus enclavées du pays. Selon le docteur Cherqui, pour faire face à ce problème, le gouvernement doit encourager les jeunes médecins à s’installer dans les régions rurales en leur accordant des avantages.