01/08/2007
A l'approche des élections législatives de septembre au Maroc, un nouveau projet s'attache à éduquer et à organiser les femmes, pour leur permettre de mieux faire valoir leurs revendications. Le "Projet de la Citoyenne Responsable" du Mouvement Social de l'Egalité et de la Citoyenneté se fait l'écho des demandes les plus courantes des femmes, pour inciter les électrices à l'action.
Par Imane Belhaj pour Magharebia à Casablanca – 01/08/2007
![]() [Imane Belhaj] Les femmes marocaines affirment que les prochaines élections seront décisives dans leur combat pour les droits et la protection. |
Le Mouvement Social de l'Egalité et de la Citoyenneté, fondé par la Ligue Démocratique des Droits de la Femme au Maroc, a lancé un nouveau projet, dans lequel il appelle les Marocaines à voter de manière responsable lors des prochaines élections législatives et à défendre leurs revendications. Le mouvement a intitulé ce projet, qui bénéficie du soutien du Fonds d'Appui pour l'Egalité des Sexes, le "Projet de la Citoyenne Responsable".
Lors d'une conférence de presse organisée vendredi 27 juillet à Casablanca, la présidente de la ligue, Fouzia Assouli, a déclaré que ce projet résultait de la nécessité pour les femmes de réévaluer leur situation, en particulier en tant que femmes non-alphabétisé ou femmes en milieu rural qui ne bénéficient toujours pas de nombreux droits et protections essentiels, une situation qui accentue la dégradation de leur position économique et sociale.
Ce projet — présenté aux organisations de la société civile, aux syndicats et aux partis politiques dans l'espoir de le voir intégré dans les plates-formes électorales de ces groupes pour les élections du 7 septembre prochain — reflète un certain nombre de revendications économiques, sociales et légales fondamentales dont pourraient bénéficier les femmes.
Le volet juridique de ces revendications porte sur l'adhésion aux normes internationales de protection des femmes contre la discrimination, l'exclusion et la violence ; la mise en place du Fonds Social de Solidarité prévu par le nouveau Code de la famille en faveur des femmes divorcées et de leurs enfants ; la mise en place de règlements concernant les pensions alimentaires; et l'adoption d'une législation plus stricte pour lutter contre la violence envers les femmes.
Le volet social et économique se penche sur la réduction du chômage des femmes, par une meilleure préparation à leur entrée sur le marché du travail ; sur l'offre de prêts à faible intérêt et d'aide au marketing pour les femmes chefs d'entreprises, dans le but d'accroître les chances de succès de leurs projets ; sur la lutte contre la pauvreté et la marginalisation des femmes ; sur l'intégration des professions traditionnellement féminisées dans le Code du travail ; sur la mise en place de programme de suivi journalier pour les enfants des femmes qui travaillent; et sur la création d'un fonds de soutien aux coopératives de femmes.
Ce projet vise également l'enseignement obligatoire pour les filles, l'imposition de sanctions à l'encontre des personnes empêchant les filles de fréquenter l'école, la mise en place de services de santé reproductive universels pour prévenir les maladies sexuellement transmissibles et les décès à la naissance, et les moyens de lutte contre l'analphabétisme.
Mme Assouli a indiqué que le Projet de la Citoyenne Responsable s'étendait aux régions les plus reculées du Maroc, par le biais de caravanes annuelles de la Ligue Démocratique des Droits de la Femme et par son expérience de lutte contre l'analphabétisme dans les centres de la Ligue, ainsi que dans les centres de conseil, d'aide juridique et de soutien psychologique situés dans une dizaine de régions du Maroc.
"Dans notre Maroc moderne, nous ne pouvons plus accepter de voir les retards et les problèmes auxquels les femmes marocaines sont encore confrontées", a déclaré Mme Assouli à Magharebia. "Le taux de pauvreté chez les femmes s'établit à 19,2 pour cent, plus de 52 pour cent des déshérités en zone urbaine sont des femmes, et 50 pour cent en milieu rural. Le taux d'analphabétisme chez les femmes des régions rurales reculées dépasse 90 pour cent. De plus, elles ne bénéficient d'aucune protection contre les violences économiques, sociales, psychologiques et physiques. La Ligue a donc décidé de demander aux femmes de se regrouper pour mettre en avant leurs revendications légitimes. Je considère que les prochaines élections seront décisives pour faire passer ces demandes, qui permettront [aux femmes] de surmonter des conditions difficiles et de jouer un rôle actif dans le développement humain et la mise en place d'une véritable démocratie."
Le Mouvement Social de l'Egalité et de la Citoyenneté organise des réunions et des caravanes dans les villes et les régions rurales pour informer le public de ses programmes. Par ailleurs, il envisage de distribuer des cassettes audio dans quatorze régions, contenant la liste des revendications, en arabe et en dialectes amazighs.