10/07/2007
Une délégation de juristes marocains s'est récemment rendue au Centre de Réinsertion et de Réintégration des Jeunes Détenus de Casablanca, pour apporter aux détenus une dimension humaine et éducative de leurs peines.
Par Hassan Benmehdi pour Magharebia à Casablanca – 10/07/2007
![]() [Hassan Benmehdi] L'Association Hassania s'est réunie lors d'une visite dans un centre de détention de Casablanca . |
Un panel de magistrats marocains s’est rendu la semaine dernière au Centre de Réinsertion et de Réintégration des Jeunes Détenus de Casablanca, dans le but de s’apercevoir, de visu, de l’état des lieux de cet établissement pénitentiaire et de distribuer environ 6 000 livres aux détenus.
Moustapha Fares, président de l'Association Hassania des Juges, une organisation qui lutte pour l'indépendance du système judiciaire, a affirmé que cette initiative s'inscrivait dans le cadre d'une initiative nationale visant la réinsertion des détenus dans la société.
M. Fares a déclaré à Magharebia que cette campagne de distribution de livres est primordiale pour l'éducation des jeunes détenus. "Nous estimons que le livre est un moyen efficace d’épanouissement, d’éducation et de réintégration de cette catégorie de détenus pas comme les autres", a-t-il expliqué. L'éducation, la formation et la réintégration des détenus relèvent déjà des missions du centre, mais le programme de l'Association Hassania vise à apporter le soutien nécessaire.
Le Ministère de la Justice estime que le nombre des détenus mineurs au Maroc, ceux dont l'âge ne dépasse pas 21 ans, s'élevait à 3 969 au premier avril 2007. Neuf cents d'entre eux sont âgés de moins de 18 ans. Selon le Ministre de la Justice Mohamed Bouzoubaa, le nombre de mineurs inscrits à des programmes d'enseignement ou de formation professionnelle au cours de l'année scolaire 2006-2007 a été de 2 472 prisonniers, dont 868 en enseignement primaire, 159 en enseignement secondaire et 1 445 en formation professionnelle.
Mohamed Lididi, secrétaire général au Ministère de la Justice, a indiqué que cette campagne était une première au Maroc, "car ce sont des magistrats qui ont agi au profit de jeunes détenus. Une action et un domaine nouveaux pour leur activité habituelle", a-t-il ajouté. M. Lididi a ensuite expliqué que cette action concrétise les dimensions humaines et culturelles des sanctions, dont le principal objectif reste la réinsertion des détenus dans la société.
Assia Ouadia, directrice pédagogique du Centre de Réinsertion des Jeunes Détenus de Casablanca, estime que la lecture reste un instrument efficace pour former, cultiver et éduquer les détenus mineurs. "Cette opération doit s’inscrire dans une démarche continue et ne doit pas être conjoncturelle", s'est-elle empressée de préciser. "Aux côtés des autres initiatives entreprises dans le but de réintégrer les jeunes détenus, la lecture est en mesure de les aider à se débarrasser des mauvais comportements et de minimiser la dangerosité de leurs dérives."
L'Association Hassania des Juges a consacré un budget de 400 000 dirhams à cette campagne de distribution de livres.
Des juges, des représentants du Ministère de la Justice et des journalistes ont également été invités à visiter le Centre de Réinsertion des Jeunes Détenus de Casablanca. Selon le directeur de ce centre, l'objet de ces visites est d'informer le public marocain des conditions dans lesquelles évoluent les jeunes détenus, et de présenter les résultats des efforts entrepris par l'Etat et la société civile pour réinsérer ces jeunes dans la société.