06/07/2007
Dans son discours prononcé à l'occasion de la Journée de l'Indépendance, le Président Abdelaziz Bouteflika a apporté son soutien à l'armée et a souligné le besoin de réformes institutionnelles dans le pays. L'absence de référence à une proposition de référendum constitutionnel, un sujet qui tient les Algériens en haleine depuis plus d'un an, a été très remarquée.
Par Achira Mammeri pour Magharebia à Alger – 06/07/2007
![]() [Achira Mammeri] Le Président Bouteflika s'est engagé à poursuivre la lutte contre le terrorisme |
Dans son allocution délivrée jeudi 5 juillet à l'occasion de la Journée de l'Indépendance au Ministère de la Défense Nationale, le Président algérien Abdelaziz Bouteflika a parlé de l'armée et de la lutte contre le terrorisme, ainsi que de l'état des réformes économiques dans le pays.
M. Bouteflika a réitéré son soutien à l'armée algérienne, l'appelant à poursuivre sans relâche son combat contre le terrorisme. "En tant que commandant suprême des forces armées, j'ordonne aux différents corps de sécurité d'intensifier leurs efforts visant à exterminer les derniers relents du terrorisme", a-t-il déclaré.
Le Président a qualifié la récente reprise des attentats en Algérie de "consternante", et souligné la nécessité d'une "plus grande vigilance" de la part de tous les Algériens. Il a évoqué "le débat d'idées et le dialogue" comme étant la principale méthode de lutte contre l'extrémisme, ajoutant qu'ils constituent "la fondation sur laquelle nous souhaitons bâtir notre démocratie".
Sur le sujet des réformes institutionnelles, le Président algérien a parlé de "l'opportunité du changement [dans] la gestion des institutions de l'Etat". Il a qualifié de tels changements de "impératifs", au plan local comme au plan national. M. Bouteflika a également admis, dans des termes à peine déguisés, l'échec des réformes économiques entreprises depuis le début de sa présidence en 1999. Les Algériens, a-t-il déclaré, "continuent, en dépit des efforts consentis par les autorités concernées, à boire et à respirer du pétrole". Le Président, qui a injecté un budget avoisinant les 50 millions de dollars dans divers programmes économiques, a déclaré qu'une telle situation ne pouvait perdurer. Il a instamment demandé au gouvernement de trouver une solution de rechange, citant les dégâts causés occasionnés au Trésor public par des entreprises non structurées et surendettées.
Contrairement à ce que pensaient les médias, le Président n'a pas abordé le sujet de la réforme constitutionnelle. Depuis que l'idée en avait été lancée en 2005, le référendum sur l'extension des pouvoirs du Président a été reporté de 2006 à cette année.
Dans un entretien avec Magharebia, Issaad Mohamed, du Mouvement pour la Société de la Paix, s'est déclaré "extrêmement surpris" que le Président n'ait annoncé aucune date pour la révision de la constitution. Des discussions sont en cours, a-t-il indiqué, entre les deux chambres du parlement pour finaliser ce référendum.
Sarah, une ménagère de 35 ans, a déclaré à Magharebia qu'elle "aurait aimé que l'annonce en soit faite aujourd'hui, pour mettre un terme aux spéculations". Apparemment, a-t-elle ajouté, "le Président est déterminé à maintenir le suspens."