24/06/2007
La baisse des revenus des cybercafés incite certains propriétaires à envisager de fermer boutique. D'autres tentent de stimuler leurs revenus en offrant des services supplémentaires.
Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat -- 24/06/07
![]() [Sarah Touahri] Pour rester sur le marché, certains cybercafés proposent des services supplémentaires |
Les cybercafés du Maroc enregistrent une baisse régulière de leurs revenus. Il existe actuellement près de 11 500 cybercafés dans le pays, et les demandes de création baissent d'année en année. Alors que 4 200 cafés avaient été ouverts en 2005, seuls 3 500 ont été inaugurés en 2006. Pour de nombreux exploitants, ce secteur n'est plus aussi porteur qu'avant. Mais alors que certains renoncent, d'autres se tournent vers des solutions innovantes.
Nombre de propriétaires de cybercafés se plaignent de la perte de revenus dont ils ont souffert ces trois dernières années. La concurrence est rude; dans un quartier de Rabat, on trouve même plusieurs cafés côte à côte. Au grand dam des propriétaires et des gérants de cybercafés, cette concurrence a entraîné une très forte baisse des tarifs.
L'heure de connexion est passé de 20 dirhams en 1998 à 3 ou 4 dirhams aujourd'hui. "L’abonnement [à domicile] était auparavant très cher, et les cybercafés n’étaient pas nombreux. Mon cyber attirait plusieurs clients d’autres quartiers. Quelques-uns attendaient de longues minutes avant qu’un poste se libère. Mais récemment, les choses ont changé, d’autres espaces ont vu le jour dans le même quartier", a expliqué à Magharebia Rachid Semmouhi, gérant d'un cybercafé à Kenitra.
Nora Bachtioui, qui fait vivre sa famille de six personnes avec son cybercafé, était très inquiète quand ses revenus ont commencé à baisser. "Il fallait trouver une solution pour pallier la baisse de notre gagne-pain. De 400 dirhams par jour, le revenu a baissé à 150 voire 100 dirhams", explique-t-elle à Magharebia.
De nombreux cybercafés ont dû fermer leurs portes face à la concurrence de plus en plus forte. Semmouhi affirme que son patron envisage sérieusement de fermer, après neuf ans d'existence.
D'autres ont trouvé des astuces pour augmenter leurs revenus et assurer leur survie. De nombreux cybercafés offrent des services d'impression de documents, de photocopies, de formation et de saisie de textes. D'autres proposent des centres de télécopie, des réparations de matériel informatique, ou même de téléphones portables. De nombreux cybercafés se sont dotés de téléboutiques et proposent les services des cafés traditionnels.
Hakim Taji, exploitant d'un cybercafé à Temara, reconnaît que les propriétaires de cybercafés doivent s’adapter aux nouvelles contraintes du temps. Diplômé en informatique, il assure des formations à la carte sur des logiciels de base. "Ainsi, j’ai pu redresser la barre. Je fais six heures de formation pour chaque logiciel, moyennant 200 ou 300 dirhams. Les clients sont satisfaits. Et je compte ouvrir un téléboutique", déclare-t-il.
Sami Banani, professeur en économie, explique que les cybercafés peuvent encore survivre au Maroc, notamment dans les quartiers populaires où le prix des ordinateurs reste encore inaccessible pour beaucoup et où nombre de foyers ne peuvent s'offrir un abonnement à l'internet.