13/06/2007
Lors d'une réunion organisée début juin, les représentants du gouvernement marocain et les syndicats de transporteurs ont identifié les mesures permettant de résoudre le conflit sur un projet de loi de nouveau Code de la Route que les chauffeurs et les routiers trouvaient trop contraignant.
Par Hassan Benmahdi pour Magharebia à Casablanca—13/06/07
![]() [Hassan Benmahdi] L'accord conclu entre les professionnels des transports et le gouvernement traite des conditions sociales des salariés de ce secteur |
Lors de la rencontre organisée le 4 juin entre Karim Ghellab, Ministre des Transports et des Infrastructures, et le Comité National de Coordination pour le Transport, un accord cadre a été trouvé concernant les mesures nécessaires pour une mise à niveau globale du secteur du transport au Maroc. La rencontre de Casablanca faisait suite aux négociations entamées le 5 avril, lorsque les syndicats de transporteurs s'étaient engagés à mettre un terme provisoire à leur mouvement de grève pendant les discussions sur un projet de loi sur le nouveau Code de la Route avec le gouvernement.
Le contenu de l’accord entre le gouvernement et le secteur des transports porte essentiellement sur l’amendement du projet de loi 52-05 relatif au nouveau Code de la Route et sur la situation sociale des intervenants dans le secteur. Les deux parties sont convenues de réduire les amendes et d'annuler les clauses de retrait du permis de conduire en cas d'accident.
Le Ministre des Transports Karim Ghellab, accompagné de représentants du Ministère de la Justice, de la Gendarmerie Royale, de la police judiciaire, du cabinet du Premier Ministre, des Ministères du Logement et des Finances, et du Wali de Casablanca, a souligné la volonté du gouvernement de mettre en place toutes les conditions nécessaires à la mise à niveau du secteur du transport. Dans une déclaration à la presse, il a indiqué que l’horizon des pourparlers s'était élargi à l’écoute des doléances des chauffeurs de taxis et des routiers.
Outre les discussions sur le projet de loi lui-même, la rencontre de Casablanca s'est penchée sur les problèmes sociaux et a fourni aux représentants du secteur des transports l'occasion de mettre en avant leur idées sur une restructuration de ce secteur. Les professionnels pourront désormais être représentés au sein des Chambres Professionnelles, et le gouvernement a promis d'introduire des mesures spécifiques leur permettant d'avoir accès au logement, aux crédits bancaire, à la retraite et à la couverture médicale. Les syndicats ont proposé la mise en place d'un nouveau fonds de financement pour le logement et la simplification des procédures relatives à l'acquisition du crédit logement. Le Comité a également proposé l'exonération des taxes douanières pour les taxis.
Le bilan des négociations est qualifié par les syndicats de décisif et important pour la mise à niveau de la profession. M. Ahmed Elwarrak, membre du Comité National de Coordination des Transports, a tenu à préciser que "si le gouvernement arrive à répondre à la majorité de nos revendications, nous allons enterrer définitivement la hache de guerre".
Moustapha El Kihel, secrétaire général du syndicat des taxis de Casablanca, a déclaré que si la rencontre en elle-même avait été une initiative nécessaire pour le dialogue social, il restait néanmoins sceptique. "Le gouvernement nous a promis que nous bénéficierons de certains avantages sociaux et d’une mise à niveau de notre profession, mais l’essentiel reste pour nous la concrétisation et la réalisation de ces promesses."
"Ce que nous craignons le plus, c’est le fait de tomber dans des promesses électoralistes pour calmer les esprits, puisque le pays est à quelques mois seulement des élections législatives", a ajouté M. El Kihel.
Les nombreuses semaines de négociations semblent tirer à leur fin. Bien que les syndicats des transports affirment vouloir être patients, ils persistent dans leurs revendications. "Il faut attendre et lutter jusqu’au bout pour nos droits", a ajouté M. El Kihel.