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Le Maroc prend des mesures pour assurer une meilleure crédibilité du baccalauréat

12/06/2007

Quelque 294 115 candidats ont passé les 7, 8 et 9 juin les épreuves du baccalauréat au Maroc. Cette année, le Ministère de l’Education Nationale a pris de nouvelles mesures pour améliorer les conditions dans lesquelles se déroulent les examens.

Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 12/06/2007

[Sarah Touahri] Ils sont quelque 294 115 candidats à passer le bac cette année.

Le Ministère marocain de l'Education Nationale a pris des mesures pour redonner au baccalauréat (le "bac") la crédibilité dont il jouissait par le passé. Après avoir introduit les examens sur deux ans en 2003, des réformes supplémentaires ont été entreprises durant l'année scolaire 2006-2007 pour améliorer les conditions du déroulement de ces examens.

Selon Abdesselam Zeroual, directeur de l’Enseignement Privé au Ministère de l’Education Nationale et inspecteur de l’enseignement, ces réformes visent à redonner au bac la place qu'il mérite dans le système d'enseignement. "L’objectif est de permettre à l’élève de disposer d’une bonne clé pour faire de bonnes études supérieures. Nous avons pris des mesures pour combattre la tricherie, notamment en neutralisant les téléphones portables", a-t-il expliqué. Le nombre des épreuves a également été réduit, passant de sept par an à seulement trois ou quatre. Pour certaines matières, les performances seront jugées entièrement sur la base du contrôle continu.

Sur les 294 115 candidats qui se présentent cette année, 44,8 pour cent sont des filles, soit une augmentation par rapport aux années précédentes, selon les responsables de l'Education Nationale.

Pour la première fois, la note de zéro ne sera plus automatiquement éliminatoire. Le correcteur devra dorénavant justifier sa décision dans un rapport écrit. Des comités régionaux spécialisés ont été créés par la Direction des Académies Régionales de l’Education et de la Formation pour examiner les cas de zéro, et les appuyer ou les rejeter.

Les candidats au bac se félicitent de l’introduction de cette mesure qui allègera la pression exercée sur les élèves pendant l’examen. Fatima Ezzahra Ezzarki est l'une des nombreuses candidates libres inscrites pour les examens du bac sans être passées par le système de l'éducation nationale. Elle a déclaré à Magharebia que "bon nombre d’élèves seront sauvés par cette mesure. Par le passé, le professeur correcteur pouvait donner à quelqu’un un zéro sans pour autant que l’élève le mérite vraiment. Et cette décision, peut-être erronée, avait un impact irréversible sur les efforts de toute une année."

La plupart de ses amis sont du même avis. Rajae Dabaoui, une autre élève, indique que la note éliminatoire est le pire cauchemar des candidats au bac. "Cette décision de lier la note éliminatoire à un rapport justificatif aurait dû être prise depuis des années", affirme-t-elle.

Du côté des professeurs, on espère que les nouvelles mesures prises par le Ministère de l’Education Nationale contribueront à redorer l’image du baccalauréat. Pour le professeur Boujmaa Lkhloti, le nouveau système d’évaluation et de contrôle s’avère prometteur. "Cela permettra d’évaluer le véritable niveau de l’élève et d’éviter les fraudes", dit-il.

Les élèves se plaignent toujours du faible taux de réussite au baccalauréat. L'an dernier, seuls 48 pour cent des élèves et 21 pour cent des candidats libres avaient obtenu des résultats satisfaisants aux examens. Selon le Ministère de l'Education Nationale, la réussite au baccalauréat doit être le fruit de longues années d'apprentissage, et l'échec peut être dû à l'accumulation de lacunes à la fois des élèves et des écoles.

La répartition des examens sur deux ans a été introduite en 2003, pour améliorer la valeur de ce diplôme sur le marché du travail. La première année, les élèves passent un examen régional dans les matières premières. L’examen final, en deuxième année, est organisé au niveau national et compte pour 50 pour cent du résultat global. Ce système vise à récompenser l'assuidité et le travail des élèves. Auparavant, un élève pouvait passer en deuxième année sans avoir obtenu une moyenne de 10 sur 20 à l'examen régional. Désormais, l'élève et sa famille seront consultés pour décider du passage ou du redoublement. C'est le conseil de classe qui statuera en fin de compte.