08/04/2007
Alors que de nombreux Marocains continuent de croire au leadership des hommes en politique, les associations de femmes du pays appellent les électrices à élire plus de femmes au parlement.
Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 08/04/2007
![]() [Sarah Touahri] Plus de 60 pour cent des Marocains estiment que les hommes font de meilleurs responsables politiques que les femmes |
Alors que le Maroc prépare les listes de candidats aux élections législatives du mois de septembre, les femmes redoublent d'efforts pour accroître leur représentation, à la fois sur les listes et au sein du parlement lui-même. L'actuel quota de 10 pour cent ne permet qu'à trente femmes de siéger au parlement. Les campagnes visant à accroître ce quota étant jusqu'à maintenant restées infructueuses, nombres de députées et d'associations de femmes encouragent les électrices à élire d'autres femmes.
La députée Nouzha Skelli a déclaré à Magharebia qu'en 2002, le Maroc n'avait élu que cinq femmes de plus que le chiffre exigé par le quota, soit un total de 35, le chiffre le plus élevé dans toute l'histoire du Maroc. Rabea Naciri, militante et présidente de l'Association Démocratique Marocaine des Femmes, estime que ce chiffre est trop faible dans un pays qui s'efforce de donner de lui-même une image moderne et qui a décidé d'améliorer la condition de la femme.
Mme Skelli pense que les femmes devraient voter pour des femmes aussi souvent que possible si l'on souhaite voir augmenter le nombre de femmes au parlement.
L'Association 2007 Daba a récemment lancé une campagne de spots télévisés destinés aux femmes, pour les persuader de faire confiance aux capacités des femmes candidates.
La députée Bouchra El Khyari estime que les femmes ont peu de chances de s'imposer sans un système de quota, parce que les électeurs ne sont pas encore disposés à faire confiance aux capacités des femmes, en particulier au niveau des gouvernements régionaux. Selon les chiffres les plus récents fournis par l'Enquête Nationale 2004 sur les Valeurs, plus de 60 pour cent des Marocains pensent que les hommes font de meilleurs responsables politiques que les femmes. Toutefois, 82,2 pour cent des personnes interrogées ont affirmé être disposées à voter pour une femme.
Les associations de femmes marocaines sont aux avants-postes de l'augmentation de la présence féminine au gouvernement et exercent un véritable lobbying sur les responsables politiques nationaux pour qu'ils prennent des mesures visant à accroître la représentation des femmes en politique. En 2002, les partis politiques ont adopté un accord conjoint qui introduisait un quota et une liste nationale féministe aux élections 2002.
Ces quotas ont donné aux femmes l'impulsion nécessaire pour accroître leur représentation au parlement. Par rapport aux élections législatives de 1997, le scrutin de 2002 avait enregistré un nombre de candidates plus de douze fois supérieur, et le nombre de femmes présentes au parlement était passé de 4 (0,7 pour cent) à 35 (10,8 pour cent).
Bien que les associations de femmes aient eu des entretiens avec un certain nombre de partis progressistes et exigé que les quotas passent de 10 à 33 pour cent, elles n'ont pas été capables de se faire entendre.
Le député Driss Lachgar affirme que le fait d'accroître le quota de femmes à la Chambre des Conseillers (la Chambre haute du parlement) devrait être une priorité et que l'égalité ne pourra être garantie que si des quotas sont également instaurés au niveau de chaque autorité locale.
Les quotas n'ont pas encore été généralisés au plan local et Mme Skelli estime que leur absence est préjudiciable à la représentation féminine. Comme l'ont montré les élections locales, sans quotas, les femmes continuent d'être sous-représentées dans les instances locales. Bien que le nombre de femmes candidates aux élections locales ait quadruplé entre 1997 et 2003, les femmes ne représentent encore que 0,34 pour cent et 0,54 pour cent des conseillers.