Magharebia
Édité sur Magharebia‎ (http://www.magharebia.com) ‎
http://www.magharebia.com/cocoon/awi/xhtml1/fr/features/awi/features/2007/04/04/feature-01

Une nouvelle initiative marocaine cherche à réduire le taux de déperdition scolaire

04/04/2007

Une nouvelle initiative gouvernementale récemment annoncée au Maroc propose des mesures préventives et correctives en vue de réduire le nombre d'élèves quittant prématurément l'école. Elle fait appel aux élèves scolarisés pour établir une liste de ceux qui abandonnent l'école et rencontrer leurs familles.

Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat -- 04/04/07

[Sarah Touahri] Près de 200 000 élèves quittent prématurément l'école chaque année

Le Secrétariat d’Etat chargé de l’Alphabétisation et de l’Education Non Formelle vient de lancer la semaine dernière une initiative visant à recenser les élèves ayant abandonné leurs études. Cette initiative s'inscrit dans le cadre d'une campagne de sensibilisation destinée aux parents. L’abandon scolaire est, en effet, un véritable problème au Maroc, car près de 200 000 élèves sont déscolarisés avant la fin du cycle primaire.

Chercheurs et responsables gouvernementaux attribuent en grande partie ce phénomène à l'ignorance de parents pauvres, qui n'ont pas conscience de l'importance de l'éducation. Noureddine Hraiche, président de l'Association pour la Réforme et le Développement, affirme que certains parents retirent leurs enfants de l’école pour travailler et les aider dans leurs tâches quotidiennes.

El Hbib Nadir, directeur gouvernemental de l'Alphabétisation, a déclaré à Magharebia que les taux d'abandon scolaire sont plus élevés parmi les enfants de parents analphabètes. "On reproduit le même schéma social", explique-t-il. Sur une note plus optimiste, il suggère que "ce cercle peut être cassé en sensibilisant les parents à l'importance de la scolarité de leurs enfants".

En 2006, le Secrétariat avait lancé un certain nombre de campagnes de sensibilisation pour traiter ce problème croissant. La dernière en date vise à mettre en place un programme national de "recensement des enfants non scolarisés et déscolarisés par les enfants scolarisés", a annoncé le Secrétariat.

Plus de 500 000 élèves de la sixième année du primaire seront formés aux techniques de sondage et quelque 70 000 élèves seront chargés d’effectuer des entretiens de recensement de plus d’un million d’élèves non scolarisés et déscolarisés. Plus de 14 000 enseignants et directeurs d'établissements seront chargés de mettre en oeuvre ce programme.

M. Nadir estime que l’opération est conséquente car elle réintègre des enfants déscolarisés dans le système scolaire, et qu'elle est préventive, grâce à la sensibilisation aux conséquences de l’abandon scolaire.

Cette opération avait été testée l'an dernier dans quelques provinces. Fatima Lharti, une élève de 12 ans de Tanger, a réussi à convaincre de nombreux garçons et filles de ne pas abandonner l'école et à persuader un certain nombre de ceux qui avaient déjà abandonné d'y revenir. La partie la plus délicate du travail est le fait de convaincre les parents. Mais "quand ils voient des élèves de l’âge de leurs enfants parler des méfaits de l’abandon scolaire, la plupart d’entre eux sont convaincus au bout de quelques minutes", déclare Fatima avec fierté à Magharebia.

Samir El Garoumi a raté une année d'école pour travailler pour sa famille. Il a maintenant repris ses études et réussit à bien équilibrer le travail et les études. Le matin, il va à l'école et le soir, il aide son père, concierge dans un immeuble. Cette année, il participe à cette opération de recensement des élèves qui ne fréquentent pas l'école et il conseille aux parents de sa famille de laisser leurs enfants terminer leur scolarité.