26/03/2007
De plus en plus de femmes marocaines vivent à l'étranger. Devant ce phénomène, les autorités du pays ont organisé un séminaire pour examiner les problèmes que rencontrent ces femmes et envisager la mise en place d'un nouveau conseil chargé de répondre activement à leurs besoins spécifiques.
Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat—26/03/07
![]() [Sarah Touahri] Les participants lors de la session d'ouverture du séminaire |
Le Conseil Consultatif Marocain sur les Droits de l'Homme (CCDH) a organisé samedi 24 mars à Rabat un séminaire consacré à la situation particulière des femmes marocaines vivant à l'étranger. Mahjoub El Hiba, Secrétaire Général du CCDH, a indiqué à Magharebia que l'amélioration de la situation des Marocaines vivant à l'étranger constitue un enjeu fondamental pour le Maroc. Sur les trois millions de Marocains vivant à l'étranger (près de 10 pour cent de la population du pays), près de 50 pour cent sont des femmes.
Ces dernières années, les responsables nationaux ont organisé un nombre toujours croissant de rencontres pour aborder le rôle des femmes marocaines à l'étranger, et envisager les mesures à prendre en vue de les aider à s'adapter à leur nouvelle vie dans un pays étranger. Les responsables marocains souhaitent mieux connaître les besoins réels de ces femmes émigrées, pour les aider à améliorer leur quotidien. Bien que leur situation se soit améliorée au fil des ans, la réalité de leur vie dans leurs pays d'accueil peut parfois s'avérer en décalage avec leurs aspirations.
Lors de la session inaugurale de ce séminaire, Nouzha Chekrouni, Ministre délégué aux Marocains de l'Etranger, a parlé de l'histoire de l'émigration des femmes marocaines. Elle a rappelé que, avant que ne commence l'émigration des femmes, "ce sont des hommes seuls qui ont migré vers d'autres pays d'accueil, à la recherche d'une vie meilleure. Certains se sont installés, ont fondé des familles, mais, naturellement, il y en a d'autres qui ont dû abandonner leurs femmes et leurs enfants".
Dans les années 1970, des femmes de plus en plus nombreuses, ont commencé à migrer, elles , dans le cadre de projets de regroupement familial reconnu par les pays d'accueil. Le sort de ces migrantes était alors intimement lié à celui de leurs conjoints.
Quelques années plus tard, une nouvelle catégorie de femmes migrantes a émergé, grâce à une mutation progressive de la société marocaine: ce sont des femmes autonomes qui ont choisi une vie indépendante. Par la suite, un nouveau groupe apparu: la seconde génération de femmes nées en Europe, disposant très souvent de la double nationalité, et qui ont toujours vécu dans leur pays d'accueil.
Selon le chercheur Abdelhamid Jamri, "le processus de féminisation de la migration a eu des répercussions sociales importantes, notamment au niveau de l’entité familiale, les femmes n’hésitent plus à migrer avec ou sans famille, de façon régulière ou irrégulière".
Mme Chekrouni indique que la situation des expatriées marocaines varie fortement d'un pays d'accueil à un autre, et que son ministère est en contact permanent avec des responsables et des organisations dans les pays d'accueil pour tenter d'aplanir les difficultés que ces femmes rencontrent. De nombreux groupes se sont également mis en place dans de nombreux pays européens pour aider les migrants, en particulier les femmes, à s'adapter aux réalités de la vie dans ces pays et permettre aux autres d'apprendre à connaître la culture marocaine.
L'un des objectifs de ce séminaire était d'examiner une proposition de création d'un Conseil des Marocains de l'Etranger. Le principal objectif de ce conseil serait de répondre aux besoins réels des femmes. Pour y parvenir, le CCDH a élaboré un plan d'action, qui comportera des ateliers thématiques sur les questions pressantes soulevées par l'immigration, la création d'un site web, des consultations directes avec les femmes vivant à l'étranger, et un questionnaire destiné aux responsables de la communauté et aux chercheurs travaillant au sein des communautés marocaines.