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L'économie marocaine renforcée par la privatisation

18/03/2007

Le Maroc s'est engagé dans un programme de privatisation depuis 1993, transférant le contrôle de dizaines d'entreprises au secteur privé.

Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat -- 18/03/07

[Sarah Touahri] Abdelaziz Talbi, directeur de la Privatisation et des Entreprises Publiques, se félicite de la réussite du programme de privatisation, lancé en 1993.

Depuis la première opération de privatisation, réalisée en 1993 au Maroc, ce sont quelque 45 entreprises et 26 hôtels qui ont été transférés au secteur privé, par le biais de plus de cent opérations de privatisation. Ce processus a généré pour le gouvernement des recettes de près de 9,6 milliards de dollars.

Abdelaziz Talbi, directeur marocain de la Privatisation et des Entreprises Publiques, a déclaré à Magharebia que ces résultats étaient le produit d'une planification et d'une surveillance méticuleuses, dont un recours à des méthodes d'audit transparentes et d'évaluation des procédures de transfert.

M. Talbi estime qu'au-delà de la dimension financière, les opérations de privatisation ont permis la libéralisation de certains secteurs tels les télécommunications et les tabacs, et ont favorisé un courant d’investissements privés d’envergure avec des retombées positives sur l’emploi et la productivité.

Cette année, le ministère des Finances et de la Privatisation anticipe de nouvelles opérations, dont la vente de la société de maintenance portuaire Drapor, de la compagnie nationale de navigation Comanav, et de la Banque Centrale Populaire (BCP). Une nouvelle tranche de Maroc Télécom sera également cédée, bien que l'Etat gardera une participation importante dans d'autres secteurs de l'entreprise. Un projet est également en cours de mise en gestion déléguée de treize hôpitaux généraux appartenant à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS).

Selon la loi de finance annuelle du gouvernement, les recettes devraient se monter au total à 530 millions de dollars. M. Talbi indique que le portefeuille actuel de l'Etat comportant 424 entreprises offre un important potentiel pour de futures opérations de privatisation et d'ouverture de capital, d'autant que de grandes entreprises publiques telles que Royal Air Maroc, le conglomérat financier CDG et la BCP sont en train de créer de nouvelles sociétés.

La privatisation a été un choix stratégique fait dans les années 1980 au vue de la croissance incontrôlée du secteur public qui avait suivi l'indépendance du Maroc. Le nombre de grandes entreprises en était presque arrivé à 700 -- un chiffre énorme, compte tenu du fait que dans un pays développé, c'est le secteur privé qui est responsable du commerce.

La privatisation, selon M. Talbi, a entraîné un renforcement de la concurrence entre les acteurs du marché. Le plus grand impact de la privatisation a toutefois été ressenti sur la structure de l'économie. Selon un rapport du ministère des Finances, les recettes gouvernementales ont augmenté depuis la privatisation. Les taxes versées par les entreprises privées représentent actuellement près de 25 pour cent de l'ensemble des recettes fiscales.

Selon le ministère des Finances, les objectifs définis dans la loi sur la privatisation comportaient au départ l'émergence d'une nouvelle génération d'entrepreneurs, la décentralisation, et la réduction des dépenses publiques. Toutefois, la mondialisation et un renforcement de la concurrence ont poussé les entreprises privatisées à s'étendre au-delà des frontières nationales et à rechercher des partenaires internationaux. Ainsi, Maroc Télécom ne serait-il pas parvenu à réaliser sa croissance externe en Afrique dans une aide étrangère.

Cependant, le processus de privatisation ne s’est pas déroulé sans quelques échecs. Quelques hôtels et deux sociétés (ICOZ et SIMEF) ont enregistré des problèmes nécessitant l’intervention de l’Etat. Selon les responsables, cela est surtout dû à la qualité des acquéreurs. "Quand on privatise une entreprise, il faut la céder à des professionnels. La privatisation n’est pas uniquement une opération de cession pour avoir la meilleure recette. Elle vise en premier lieu la pérennité de l’entreprise et son développement. Pour garantir ce développement, il faut choisir le bon partenaire."