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L'assurance-santé obligatoire touche davantage de marocains

08/03/2007

Les effectifs marocains assurés sont contents des avantages et de la protection fournis par l'assurance-santé. Le programme gouvernemental s'efforce de faire la promotion de la compétition et de la normalisation entre les services de santé publics et privés, mais certains professionnels de santé s'inquiètent des taux de paiement bas du programme.

Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 08/03/07

[Getty Images] Quelques 7.8 millions de marocains profitent aujourd'hui de l'assurance-santé obligatoire

Depuis qu'elle a été introduite en août 2005, 7.8 millions de marocains ont souscrit à un programme d'assurance-santé obligatoire (Assurance Médicale Obligatoire, AMO). Le Ministère de la Santé prévoit que le nombre d'assurés puisse atteindre presque 10.2 millions (34% de la population) dans l'année.

Le programme AMO est géré par la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) pour le secteur privé, tandis que la Caisse Nationale des Organismes de Prévoyance Sociale (CNOPS) s'occupe du programme en direction des salariés du secteur public. Environ la moitié des assurés travaille à ce jour dans chacun des deux secteurs.

Le programme fait la promotion de la compétition et de la normalisation entre les services de santé privés et publics. Chakib Tazi, directeur de l'Agence Nationale de l'assurance-Santé, a dit à Magharebia que les objectifs du programme sont d'harmoniser les pratiques de soins de santé afin d'améliorer leur qualité auprès des patients. Adelaziz Adnane, directeur du CNOPS, déclare qu'il est essentiel que les services publics de santé améliorent leurs pratiquess, de manière à attirer davantage de patients vers la couverture de l'AMO.

Ceux qui ont déjà souscrit à une assurance-santé se réjouissent des services qu'elle offre. Elle couvre 70% des soins délivrés dans une clinique privée, et 90% des soins dispensés dans un hôpital public. Le taux des primes dépend d'une éventuelle assurance privée souscrite par le salarié assuré. Jamila Marouani, qui a travaillé plus de dix ans, dit que c'est la preemière fois qu'elle ne craint plus de tomber malade, parce qu'elle sait que ses soins seront remboursés : "J'au reçu mes premiers remboursements au mois d'Avril, j'étais très contente."

Mais tout le monde ne se réjouit pas du programme. Tazi a dit à Magharebia que "l'étendue du programme AMO se heurte à des obstacles qui apparaissent petit à petit." Les taux de paiement pour les médecins et les visites à domicile tels qu'ils ont été déterminés par l'Agence Nationale de l'Assurance Santé sont largement trop bas. Le docteur Mohamed Naciri Bennani, président de l'Union Nationale des Docteurs du secteur Privé, affirme que les taux proposés sont "une insulte à la profession".

La dispute au sujet des prix s'est largement répandue à la suite, lundi 8 janvier, de la signature d'un accord de partenariat entre le Ministère de la Santé et un groupe de professionnels des soins médicaux. Cet accord établit des procédures pour développer, évaluer et remettre à jour des pratiques cliniques, pour créer une base d'évaluation réelle, mettre en oeuvre des mesures de contrôle des coûts et offrir une formation continue aux praticiens. Alors, dit Tazi, "le gouvernement établira les prix".

Le programme national n'en est toujours qu'à ses débuts. Malgré le fait que de nombreux hôpitaux aient signé des accords de partenariat avec le Ministère de la Santé, les hôpitaux universitaires n'ont pas encore rejoint le réseau de soins de l'AMO.

En février 2008, le CNOPS devrait lancer une campagne afin d'expliquer les avantages de l'AMO au public. Elle sera suivie d'incitations, visant à étendre la couverture de l'assurance-santé à quelques 12 à 15 millions de personnes à faibles revenus qui n'en ont actuellement aucune .