23/02/2007
Les élections législatives en Algérie auront lieu le 17 mai prochain. De nombreux partis algériens ont réagi favorablement au respect des délais constitutionnels.
Par Lyes Aflou pour Magharebia à Alger – 23/02/07
![]() [Getty Images] Une Algérienne de Tizi-Ouzou vote lors des élections de 2002. Les Algériens seront appelés aux urnes le 17 mai. |
Le compte à rebours pour les élections législatives en Algérie a commencé par l'annonce par le Ministère de l'Intérieur de la date du scrutin, le 17 mai, moins de deux semaines avant la fin du mandat du Parlement. Cette annonce a été favorablement accueillie par les partis politiques algériens, qui se sont félicités du respect des délais constitutionnels.
Les candidats ont jusqu'au 1er avril pour déposer leur candidature. Ils seront en lice pour occuper 380 sièges à l'Assemblée Populaire Nationale (APN), la chambre basse du Parlement algérien. Un communiqué du Ministère de l'Intérieur demande aux électeurs non encore inscrits de se faire inscrire sur les listes électorales avant le mercredi 28 février, date de clôture de la révision des listes.
La plupart des partis algériens ont fait part de leur satisfaction à cette annonce.
Le porte-parole et président du groupe parlementaire du FLN (Front de Libération Nationale), Said Bouhadja, a déclaré que l’annonce de la date de l’organisation des législatives "dans les délais, ne pourra qu’encourager la classe politique … nous sommes prêts, au FLN, à défendre et à préserver notre position au sein de l’Assemblée Populaire". M. Bouhadja, dont le parti avait remporté 190 sièges lors des élections de 2002, estime que le respect des délais conforte la légitimité des institutions.
Djelloul Djoudi, chef du groupe parlementaire du Parti des Travailleurs à l’APN (extrême gauche), espère que ces élections se dérouleront "dans la paix". Il espère qu'elles seront "libres et transparentes et consacreront le libre choix du citoyen ... C’est un tournant décisif dans la vie de la nation algérienne, qui devra contribuer à solutionner les problèmes du pays", a-t-il déclaré, ajoutant que son parti, en cours de restructuration et de réorganisation, est prêt à affronter ce rendez-vous électoral.
Djemaa Nacer, porte-parole du Mouvement de la Société pour la Paix (MSP), a fait part de la disponibilité de son parti à "s'engager dans cette compétition démocratique pacifique pour poursuivre la consécration de la démarche de paix et la réconciliation nationale". Il a souligné le besoin d'adopter "davantage de mesures pour garantir des élections transparentes et régulières, appelant l’administration à faire preuve d'impartialité et à veiller à garantir le droit de l'électeur et à respecter la volonté du peuple et son choix démocratique des programmes et des représentants."
Le MSP, parti islamiste modéré qui avait recueuilli 7 pour cent des suffrages en 2002, fait partie de la coalition de Gouvernement avec le FLN et le Rassemblement National Démocratique (RND) du Président Abdelaziz Bouteflika. Miloud Chourfi, porte-parole du RND, a exprimé la satisfaction de son parti concernant l'organisation de cette date importante dans les règles définies par la Constitution.
Le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), le parti kabyle, a fait savoir qu'il participerait aux prochaines élections. Ce parti laïc, qui avait boycotté les élections en 2002, a déclaré que le 17 mai "est une occasion de mettre l’Algérie sur la voie d’un développement consensuel".
"Le scrutin consolidera la stabilité de l’Etat dans la mesure où la question de la légitimité est la pierre angulaire dans l’édifice institutionnel", affirme le politologue Mahmoud Aghilassi. "Il y va de la confiance des citoyens qui choisissent leurs représentants en toute souveraineté, leurs représentants au sein des instances législatives, grâce au levier du suffrage universel ", ajoute-t-il.
L'assemblée nationale est élue pour un mandat de cinq ans à la représentation proportionnelle. Huit sièges sont réservés aux Algériens de l'étranger.