14/02/2007
Les nouveaux quotas pourraient avoir donné aux femmes une victoire sinon impensable.
Par Mohamed Khayar pour Magharebia en Mauritanie – 14/02/07
![]() [Getty Images] Des femmes mauritaniennes participent à une réunion de campagne à Nouakchott. |
Les élections sénatoriales qui ont eu lieu en début de mois en Mauritanie ont vu l'élection de neuf femmes au Sénat. Si on les ajoute aux 17 femmes élues en novembre dernier à l'Assemblée Nationale, ce sont désormais 26 femmes qui siègent au Parlement mauritanien.
Depuis le renversement du régime mauritanien en 2005, une junte militaire dirigée par le colonel Ely Ould Mohamed Vall a travaillé à rétablir la règle démocratique selon un calendrier sur deux ans. Résultat de ce processus, des dates on été fixées pour la tenue d'élections municipales et législatives, et des élections présidentielles, qui seront organisées le mois prochain.
Le Gouvernement de transition en Mauritanie avait cherché à répondre aux demandes des militants politiques et des ONGs d'imposer un quota exigeant 20 pour cent de représentation féminine sur les listes de candidats. Le législateur mauritanien avait introduit deux nouveaux mécanismes: le premier requiert que la parité existe entre les représentants hommes et femmes dès lors que cela est possible ; le second donne aux partis politiques des incitations financières pour dépasser les quotas déjà fixés par la loi.
En conséquence, la parité hommes/femmes doit être une réalité sur les listes de candidats aux élections municipales et régionales dès lors que deux sièges sont à pourvoir et que la majorité absolue est nécessaire pour la victoire. Un représentant de chaque sexe doit être présent. Dans les districts comptant trois sièges ou plus, et où le vote est à la proportionnelle, la loi demande que les candidats alternent entre hommes et femmes sur les listes, pour éviter tout avantage indû.
Récemment encore, les femmes mauritaniennes étaient confinées à la périphérie de la politique. Avant le coup d'Etat de 2005, le Gouvernement ne comprenait que dix femmes, la plus forte représentation depuis l'indépendance. Toutefois, le faible nombre de femmes n'était pas seulement un résultat des préjugés ; étaient également en jeu des problèmes largement répandus de pauvreté et d'illétrisme.
Les nouveaux quotas pourraient bien avoir donné aux femmes une victoire sinon impossible. Mais, malgré ces mesures, une seule femme a remporté le scrutin au terme d'un ballotage direct à la majorité ouverte ; et aucun parti politique, malgré ces incitations, n'a pris le risque perceptible de mettre en avant des femmes pour ce type de scrutin. Conséquence, la plupart des femmes candidates élues l'ont emporté grâce à des votes à la proportionnelles et indirects.
Plusieurs groupes de la société civile sont très actifs dans le soutien apporté à l'encouragement de l'engagement politique des femmes en Mauritanie -- organisation de plus de réunions et séminaires de formation dans le bruit de briser les tabous et de mieux sensibiliser les femmes à leurs nouveaux rôles au sein de la société et en politique.
Les mesures prises par le régime de transition a déjà donné des résultats significatifs, et bénéficient de feedbacks positifs de la part d'organisations telles que l'Institut National Démocratique et l'Agence Allemande de Coopération Technique.
"L'apport complémentaires des hommes et des femmes est une caractéristique musulmane par essence. Il doit porter ses fruits ; il doit être maintenu, augmenté et étendu de telle manière que la société mauritanienne puisse fleurir pour le bien de la nation", affirme Sana Abbas, une ancienne candidate à l'assemblée nationale.
Pour de nombreuses femmes, la participation en politique se fera en sensibilisant mieux les gens. "Il ne suffit pas de dire aux femmes qu'elles ont des droits … Nous devons encore les aider à faire valoir ces droits. Si l'administration, la société civile, les femmes et les groupes religieux sont sensibilisés à la question, alors le changement des mentalités à l'égard des femmes deviendra certainement possible", déclare Salma Mint Akhyarhoum, sociologue spécialisée dans l'égalité entre les sexes.