31/01/2007
Un rapport indépendant soulève de nombreuses critiques contre les partis politiques et les procédures électorales, en dépit du fait que le pays offre les conditions les plus démocratiques de toute le région.
Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 31/01/07
![]() [Sarah Touahri] Le rapport a souligné que le Parlement marocain ne fonctionne pas comme il le devrait. |
Les partis politiques marocains ont réagi plutôt calmement aux conclusions d'un rapport rendu public la semaine dernière par le Maroc en Transparence et le Democracy Reporting International (Rapport International de la Démocratie), et concernant le cadre organisationnel des élections dans le pays.
Le rapport--qui a été remis au Gouvernement le 19 janvier, et au public 24-- décrit les partis comme rigides, et faibles au niveau de leur organisation, une faiblesse qui se reflète dans "la représentation parlementaire fragmentée, le manque d'organisation et de crédibilité vis-à-vis du public". A l'exception du Parti pour la Justice et le Développement (PJD), le rapport brocarde les partis pour leur "incapacité à concevoir ou à maintenir un programme politique significatif ; des programmes qui puissent guider le Parlement dans l'exercice de ses pouvoirs". Cette conclusion a entraîné le mécontentement de nombreux politiciens qui se préparent pour les élections parlementaires du mois de Septembre.
"L'Istiqlal n'est pas faible quant à son organisation, parce qu'il a des bureaux que ce soit dans les zones rurales ou urbaines. De plus, il organise des réunions régulières dans ses locaux, au niveau régional et national. Il est aussi représenté dans la plupart des associations professionnelles. Donc, les conclusions du rapports sont infondées," dit Hassan Abdelkhalek, membre du Comité Exécutif du Parti Istaqlal.
Khalid Naciri, membre du Bureau Politique du Parti pour le Progrès et le Socialisme (PPS), note que certaines informations contenues dans le rapport sont justes, mais superficielles. "Dans la plupart des cas, [le rapport] ne donne pas suffisamment d'explications détaillées pour justifier ses conclusions. Par exemple, il souligne que les partis ne sont en phase ni avec les événements, ni avec la société. Et aujourd'hui, la plupart des partis s'efforcent d'être démocratiques."
Le Premier Ministre Driss Jettou a émis des doutes concernant les recommandations faites dans le rapport. Il a affirmé que les partis politiques travaillaient comme ils le devaient et participent déjà à la création des législations, contrairement à ce qui est écrit dans l'enquête.
Le coordinateur de Democracy Reporting International, Michael Mayer-Resende, a fait remarquer que le Maroc réunissait les meilleures conditions pour offrir à la région des élections démocratiques. La nation bénéficie d'un système politique stable, d'un cadre institutionnel convenable et de pressions géopolitiques inférieures à celles qui peuvent s'exercer dans les autres pays arabes. Il a ajouté que, même si le cadre de régulation du Maroc rend possible des élections démocratiques, ul y a encore à faire pour garantir la transparence du processus électoral.
Le Secrétaire Général du Maroc en Transparence, Azzedine Aksby, dit que le rapport fait de nombreuses recommandations. "Sans un Parlement fort et travaillant sur ses vraies attributions , et sans organisation des partis politiques, le cadre général ne changera pas".
Le rapport préconise une étude statistique afin d'examiner la fiabilité des listes électorales et d'identifier les faiblesses des procédures d'enregistrement, qui pourraient avoir pour conséquence d'exclure la participation de certains groupes sociaux.
Le Maroc en Transparence et le DRI demandent également le prolongement du processus de campagne. "Il peut être difficile pour les candidats qui ont quelques ressources pour faire campagne efficacement dans les limites de temps autorisées par la loi, particulièrement dans des zones rurales dont l'accès est éloigné. En plus, la brièveté de la campagne a des répercussions sur la gestion de l'accessibilité aux médias", explique Michel Paternotre du DRI.
Malgré tout, le rapport appréhende la procédure de vote marocaine de façon positive. Pour encourager la participation, il demande que le jour de l'élection soit chômé. Ce serait une solution au problème des files d'attentes interminables à la fermeture des bureaux de vote.