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Tunisie : des études révèlent l'aversion de la jeunesse contre la politique et le mariage

30/01/2007

Une étude récente montre que la majorité des jeunes Tunisiens rejette la politique et les partis, ainsi que l'extrémisme religieux et le mariage.

Par Jamel Arfaoui pour Magharebia in Tunis – 30/01/07

[Jamel Arfaoui] Des études démontrent le rejet de la politique et du mariage de la part de la jeunesse Tunisienne.

Deux études initiées par des institutions tunisiennes officielles -- le Ministère de la Jeunesse et des Sports et le Bureau National pour la Famille --ont révélé l'aversion des jeunes contre le mariage et le système des partis politiques. Les personnes interrogées disent ne pas se laisser entraver par les pressions familiales, et la majorité affirme son désir de s'ouvrir au monde.

Depuis presque trois ans, le Ministère de la Jeunesse et des Sports a mené une enquête parmi 10 000 jeunes gens, âgés de 15 à 25 ans. Cette étude s'est concentrée sur cinq domaines de réflexion : la jeunesse et l'engagement ; la jeunesse, l'identité et les valeurs ; la jeunesse et le développement ; la jeunesse et la société de l'information ; la jeunesse et la Tunisie de demain.

Concernant l'engagement dans la vie politique, plus de 72% des personnes interrogées disent qu'elles refusent d'y participer ou d'adhérer à des partis politiques ou sociaux. Seuls 16% d'entre elles disent appartenir à une ONG.

"Qu'est-ce que récoltent ceux qui suivent la politique, à part un bon mal de tête ? Et pour les partis politiques, ils se prévalent de slogans sans rapport avec la réalité et qui sont irréalisables", dit à Magharebia Imed Hamrouni, étudiant.

Seules 9% des personnes interrogées suivent les médias régulièrement, alors que 22% s'en désintéressent totalement. Elles font néanmoins part de leur désir de voir les médias Tunisiens se développer davantage, et voudraient les sentir plus fiables, plus proches de leurs préoccupations et épouser au mieux leurs aspirations.

"C'est normal que la jeunesse Tunisienne appréhende nos médias de cette manière. Ces derniers sont toujours construits autour d'un langage momifié qui appartient au passé, et cela ne répond en rien aux souffrances et aux espoirs de nos jeunes, déclare Neji Bghouri, membre du Bureau Administratif de la Fédération Tunisienne des Journalistes.

Le Ministre de la Jeunesse et des Sports, Abdallah Kaabi, dit que les indicateurs de l'enquête "ont été positifs, mais démontrent qu'il faut porter nos soins et notre attention à la jeunesse."

L'étude montre également que 92% des jeunes rejettent l'extrémisme religieux, et veulent s'identifier à un "Islam de modération et de la pondération". Ils estiment qu'il est nécessaire pour conserver un esprit ouvert au monde et "à l'autre".

Parmi les personnes interrogées, 59% disent être optimistes concernant l'avenir, mais plus de 69% refusent de travailler dans le cadre de contrats à court terme. Plus de 71% du panel affirment être en bonne santé physique, mais 81 % disent qu'il est difficile de faire du sport à cause du temps limité et du manque de structures sportives.

Et, de manière surprenante, seulement 13,7% des jeunes interrogés disent avoir une bonne connaissance d'Internet.

Une autre étude -- dont les résultats ont été publiés par le Bureau National de la Famille et de la Population, institution gouvernementale vouée au planning familial-- a révélé une aversion de plus en plus tenace vis-à-vis du mariage chez les jeunes Tunisiens âgés de 25 à 29 ans.

Les chiffres enregistrés au cours de cinq années consécutives montrent une augmentation continue du rejet du mariage : Il atteint 65% du panel en 2006, alors qu'il n'était que de 35.9% en 2001. L'enquête montre que le pourcentage de jeunes femmes seules dans le groupe des 15-29 ans, a augmenté : de 80% en 2001 il est passé à 85% en 2006. Il a également augmenté au cours de la même période de 16 à 20% parmi les femmes de 30 à 49 ans.