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L’Algérie veut protéger son patrimoine archéologique contre le pillage

28/01/2007

L'Algérie multiplie les efforts pour lutter contre le vol de ses trésors archéologiques. La police envisage de recruter des diplômés en archéologie et de mettre un terme au commerce illégal des biens volés.

Par Lyes Aflou pour Magharebia à Alger — 28/01/07

[Lyes Aflou] L'une des pièces découvertes lors des arrestations.

Les autorités algériennes prennent des mesures sévères pour lutter contre le vol et le commerce illégal de ses trésors archéologiques de grande valeur.

Au cours de la deuxième semaine de janvier, la police de la wilaya d'Alger a arrêté trois personnes prises en possession de 98 objets archéologiques volés au musée Djebrine, dans le parc national de Tassili, dans la wilaya d'IIlizi. Ces objets volés comprenaient des hachereaux, des bifaces, des grattoirs, des pièces foliacées, des pointes de flèches naturelles et des lamelles, dont certains datent d'un million d’années. Ces objets historiques sont classés par l'UNESCO comme patrimoine de l'humanité, mais sont vendus à des agents étrangers.

Le trafic et la contrefaçon d'oeuvres d'art et d'objets archéologiques font parties des formes de crime organisé contre lesquelles les autorités algériennes ont décidé de lutter.

Selon le bureau d'information de la police, en 2005, la police algérienne avait saisi 444 artefacts archéologiques, dont des statues et des vases, et 111 pièces de monnaie que les voleurs tentaient de vendre en Tunisie. En novembre de l'an dernier, une bande avait été arrêtée alors qu'elle tentait de passer en fraude des toiles de peintures espagnoles à la frontière occidentale. Trois de ces sept articles, dont un buste de Picasso, avaient été récupérés à Medrissa, dans la wilaya de Tiaret -- les autres avaient été vendus dans la capitale. La police avait pu identifier les acheteurs, obligés de les restituer sous peine d'encourir un procès pour recel d'objets volés.

L'année dernière, les forces de police ont procédé à près de 30 arrestations. Quatre personnes sont actuellement en prison en attendant leur procès, et quatre autres ont été placées en détention.

Quatre unités de police régionales ont été créées à Oran, Constantine, Ouargla et Tamanrasset, pour identifier les personnes impliquées dans ce trafic illégal. Ces unités procèdent à l'inventaires des sites archéologiques et effectuent une surveillance aérienne. A l'avenir, la police envisage d'accentuer encore ses efforts en recrutant des étudiants des instituts d'archéologie.

Une importance particulière est accordée aux contrôles dans les aéroports et aux frontières. Une brigade spéciale chargée de lutter conte le vol et le commerce illégal de biens culturels et des oeuvres d'art, un service spécial placé sous l'autorité de l'Office National pour la Prévention du Crime Organisé, mis en place en 1996, a été remise en service et ses moyens ont été renforcés.

En juillet dernier, cette brigade avait arrêté un artisan de Khenchela qui vendait illégalement des artefacts archéologiques et des oeuvres d'art, dont des pièces de monnaie de diverses périodes, des pointes de flèches en silex du néolithique évaluées à 63 000 dollars pièce, une colonne de marbre sculptée, et des fragments de céramique.