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Les ministres s'engagent à mettre en place un centre de surveillance de l'eau

26/01/2007

Les ministres tunisien, libyen et mauritanien de l'Eau sont convenus de créer un centre chargé de surveiller les ressources en eau et d'élaborer des stratégies pour lutter contre les pénuries d'eau potable.

Par Jamel Arfaoui pour Magharebia à Tunis – 26/01/07

[Getty Images]

Les ministres du Maghreb se sont engagés, mercredi 24 janvier, à Nouakchott, à mettre en place un centre du Maghreb chargé de surveiller les ressources en eau, ainsi qu'une commission chargée de l'eau et de l'irrigation au Maghreb. Il s'agit de la deuxième rencontre de ce type en deux ans, à laquelle ont participé les ministres en charge des questions de l'eau de Tunisie, de Libye et de Mauritanie.

Selon l'agence de presse mauritanienne, les ministres ont discuté "d'un rapport très détaillé sur la politique du Maghreb dans le domaine de l'eau, ainsi que de la terminologie des ressources hydrauliques dans les pays de l'union, des changements climatiques et de leurs effets sur les ressources hydrauliques".

Omar Mohammed Salem, secrétaire du Comité Populaire du Conseil Général de l'Eau en Libye, a affirmé dans son discours: "Les défis et les aspirations des peuples des nations de l'union en vue de la construction et du renforcement des capacités de la région du Maghreb exigent que nous renforcions nos efforts, que nous mettions en oeuvre les recommandations et les décisions préalablement élaborées, et que nous engagions une réflexion approfondie pour parvenir à une coopération productive, dont le but sera le développement durable des ressources en eau de la région."

M. Salem a indiqué que son pays connaissait une crise de l'eau "attribuable à plusieurs facteurs, dont la situation géographique, le climat et l'augmentation démographique".

En 1995, la Banque Mondiale avait classé la région du Maghreb comme l'une des régions les plus pauvres du monde en termes de ressources naturelles en eau renouvelable. En Tunisie, au Maroc et en Algérie, ces ressources ne dépassent pas 793 mètres cubes par an et par habitant, contre 7 485 en Afrique subsaharienne, 5 183 en Europe et 3 283 en Asie.

Le sommet arabe qui s'est tenu en Algérie en 2005 avait émis une résolution en vue du développement d'un satellite arabe de géo-surveillance. Ses priorités sont l'amélioration de l'exploitation des ressources agricoles naturelles et la recherche de ressources en eau dans la région.

L'Organisation des Nations Unies pour l'Agriculture et l'Alimentation, la FAO, estime que la région arabe située entre l'Océan Atlantique et l'Iran compte parmi celles qui souffrent d'une pénurie en ressources hydrauliques. Il faudra réaliser des investissements pour quelque 40 milliards de dollars au cours des dix prochaines années pour combattre une grave pénurie en eau douce, devenue l'un des principaux obstacles au développement dans certains secteurs stratégiques tels que l'agriculture, le tourisme et les services municipaux. Selon la Banque Mondiale, les nations arabes sont susceptibles de dépenser chaque année près de un pour cent de leur PIB total pour garantir des ressources en eau suffisantes, en particulier dans les villes, où sont concentrés les grands centres de population.

Le Ministre mauritanien de l'Eau, Ely Ould Ahmed, a affirmé qu'il espérait "que la Commission Ministérielle du Maghreb pour l'eau et l'irrigation devienne une agence active, qui permettra d'élaborer une politique au Maghreb, dont le but sera de fournir à tous les habitants des pays de l'union de l'eau dans les meilleures conditions, et de manière permanente."

Il a précisé que le gouvernement de son pays avait élaboré une stratégie ambitieuse centrée sur l'approfondissement des connaissances en matière de ressources en eau et de leur protection, ainsi que sur l'amélioration de la fourniture en eau potable, par la construction de centaines d'installations hydrauliques, le renforcement des réseaux de traitement et l'activation des équipement existants.