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"VHS Kahloucha" réconcilie le public tunisien avec le cinéma

11/01/2007

Un nouveau film documentaire d'un jeune réalisateur tunisien suscite les éloges des cinéphiles et des critiques. C'est le premier documentaire a être diffusé dans les réseaux commerciaux des salles obscures du pays.

Par Iheb Al-Tounisi pour Magharebia à Tunis – 11/10/07

Iheb Al-Tounisi] Moncef Kahloucha (au centre) avec des membres de l'équipe de turnage de "VHS Kahloucha".

Les spectateurs et les critiques font l'éloge d'un nouveau film du jeune réalisateur tunisien Nejib Belkhadi -- le premier documentaire à être diffusé dans les réseaux commerciaux du cinéma dans le pays. En dépit de la difficulté à commercialiser des films de ce genre, l'insistance du réalisateur à le diffuser dans les réseaux commerciaux s'est avérée payante, et de très nombreuses personnes se pressaient pour le voir à la séance d'ouverture de lundi 8 janvier.

Ce film, "VHS Kahloucha", présente de manière détaillée le quartier de Kazmat dans la ville côtière de Sousse. Moncef Kahloucha, le principal personnage du film, est en réalité un peintre en bâtiment et un ancien détenu. Son amour pour le cinéma prend naissance lors de ses visites dans des salles de Sousse et lors de ses rencontres avec des stars internationales venues dans la ville pour travailler ou s'y reposer.

Le jeune homme -- obligé de quitter l'école du fait d'une situation sociale délicate, et contraint de prendre un travail fatiguant pour s'en sortir -- commence à filmer des histoires mettant en scène des habitants de son quartier. Kahloucha montre ensuite ses films dans des cafés du quartier Kazmat, qui deviennent alors des lieux de divertissement pour tous ceux qui connaissent une situation difficile.

Dans la vie réelle, Kahloucha rencontra le réalisateur alors qu'il était en train de filmer l'une de ses productions. "J'ai rencontré Belkhadi par hasard alors que je tournais le film 'Tarzan' dans une forêt près du village de Kazmat, où il m'a découvert", indique-t-il.

Belkhadi raconte l'histoire de Kahloucha dans un style narratif. Le chômage, le crime, la marginalisation, les horizons bloqués et l'immigration secrète sont quelques-uns des sujets qui font du vertueux Kahloucha un miroir de la société reflété par la caméra du réalisateur.

"En réalité, je n'y allais pas pour filmer les problèmes. C'est l'histoire qui m'a imposé les problèmes", a déclaré Belkhadi à Magharebia. "Le quartier de Kazmat est un quartier pauvre, qui connaît de nombreux cas sociaux. Chaque foyer connaît un problème. Mais nous ne devons pas rejeter les gens comme Kahloucha et ne pas parler avec eux ou d'eux. Nous devons comprendre les situations que connaissent ces gens et les raisons qui les ont amenés [là où ils sont]. Le cinéma ne change certes pas le monde, mais il aide les gens à prendre conscience des choses", ajoute le jeune réalisateur.

"Un film hyper réaliste vous entraîne à reconsidérer de nombreux problèmes et à ressentir que la Tunisie n'est pas aussi rose que ce que l'on nous en décrit toujours. Comme toutes les nations du monde, elle connaît la pauvreté et la richesse, des problèmes et des crises", ajoute Suheir Kadour, un étudiant aux Beaux Arts.

Ce film a également reçu un accueil favorable de la critique et des médias. "Mon admiration et mon enthousiasme quant au concept du film, à sa réalité et au voyage dans les profondeurs des gens en sortent confortés", écrit le quotidien tunisien Assarih.

"Le film 'Kahloucha' est unique par son langage cinématographique, son sujet, son niveau de réalisation et l'élément de surprise qu'il laisse à tous ceux qui l'ont vu", écrit le quotidien Assahafa.

"VHS Kahloucha" a été présenté lors de plusieurs festivals internationaux, y compris lors des Journées de la Tunisie lors du Festival de Cannes 2006 et des Journées du Cinéma de Carthage 2006. Il a remporté le premier prix dans la catégorie documentaire lors du Festival International du Film de Dubaï, le mois dernier.