27/12/2006
Différentes activités festives rendent la vie plus agréable au Maroc en cette fin d’année qui coïncide avec la célébration de trois fêtes des trois religions monothéistes, l'Eid Al-Adha, Noël et Hanoukka, ainsi que le Nouvel An. Les Marocains espèrent que le reste du monde tirera les leçons de cet exemple de tolérance.
Par Binoual Imrane pour Magharebia à Casablanca -- 27/12/06
![]() [Getty Images] Près de cinq millions de moutons, la moitié du cheptel marocain, seront sacrifiés à l'occasion de ces fêtes. |
Trois fêtes religieuses importantes des trois religions monothéistes du Maroc coïncident en cette fin d'année 2006: Noël, l'Eid Al-Adha et Hanoukka. "Eid Mubarak", "Joyeux Noël", "Joyeux Hanoukka" et "Bonne année" sont les phrases que reprennent en coeur les Marocains en ces jours où les fêtes se succèdent.
Dans un seul pays, on constate que chaque communauté prépare sa fête dans un esprit de tolérance sans pareil. C’est ce qui fait qu’une ambiance assez particulière règne, en particulier dans les principales villes touristiques du Maroc, mais aussi dans les deux capitales: la capitale politique, Rabat, et la capitale économique, Casablanca.
Les activités liées aux préparatifs de l’Eid-el-Kebir ou Eid al-Adha (la Fête du Sacrifice) vont bon train. Différents métiers en relation avec cette fête prolifèrent. Les bergers, les fermiers et des commerçants investissent les souks et louent des garages pour vendre leurs moutons. La communauté juive organise différentes activités, notamment dans son musée et à Essaouira, principale ville juive marocaine.
Les hôtels sont décorés aux couleurs de ces fêtes de fin d'année. "Le fait que l’Eid-Al-Adha coïncide cette année avec les festivités de Noël ou avec la fête de Hanoukka, dont les festivités sont visibles ici à Essaouira, ne change rien. A l’instar des autres années, nous nous attendons à une montée des réservations fin décembre, parce qu’il y a beaucoup de touristes de différentes cultures et religions qui viennent passer la fin d’année à Essaouira", déclare Mostapha Al Azza, hôtelier et président du Conseil Provincial du Tourisme d’Essaouira.
Certaines villes du Maroc doivent même faire face à un afflux massif de touristes. "Cette année où coïncident trois fêtes, les 94 hôtels classés, ainsi que les 490 maisons d’hôte de la ville ocre affichent complet, du 22 décembre jusqu’au 5 janvier. La clientèle qui choisit cette destination est de tout genre. Il y a des touristes étrangers, des nationaux, mais aussi des groupes de pèlerins juifs, marocains et étrangers, qui se retrouvent à cette occasion au Maroc. Si l’année dernière Marrakech a accueilli, lors des fêtes de fin d’année, 100 000 touristes étrangers et nationaux, cette année, les professionnels s’attendent à 150 000 touristes", déclare Abdelatif Abouricha, membre du Conseil Régional de Marrakech.
Pour lui, le choix de Marrakech n’est pas fortuit. "C’est parce que c’est la ville de tolérance par excellence. Je cite par exemple l’existence d’une mosquée face à une église au quartier Guélise. Je cite l’existence de synagogues dans l’ancienne Médina de Mellah", note-t-il.
Les signes de la tolérance au Maroc ne risquent pas d’être altérés pour une simple coïncidence des fêtes de religions différentes. "C’est une coïncidence qui est de bonne augure pour les trois communautés", souligne Simon Levy, secrétaire général de la communauté juive de Casablanca.
Et d'ajouter: "J’espère que ce sera une occasion dans d’autres parties du monde pour que ces trois communautés cessent de se haïr et que cette coïncidence de fête attire leur attention et qu'ils se rendent compte qu’ils n'ont qu'un seul Dieu. Et je souhaite qu’ils cessent ainsi de mener des guerres les uns contre les autres".