22/12/2006
Le PNUD a publié un rapport affirmant que les femmes arabes manquent de libertés civiles et d'un accès à la santé et à l'enseignement. Les féministes algériennes critiquent ce rapport qui, selon elles, ne prend pas en compte les progrès accomplis par l'Algérie en matière de droits des femmes ces dernières années.
Par Lyes Aflou pour Magharebia à Alger -- 22/12/06
![]() [Getty Images] Les femmes algériennes ont réalisé des progrès considérables, affirment les responsables algériens. |
Un rapport du PNUD, intitulé "Vers l'Avènement des Femmes dans le Monde Arabe", a été présenté mardi 19 décembre aux femmes parlementaires par Abdelwahab Rezzig, membre du comité consultatif de ce rapport. Ce dernier montre que les droits des femmes arabes ne sont pas garantis en matière de libertés civiles et politiques, d'éducation, de santé et de patrimoine personnel.
Le rapport 2005, préparé par le Fonds de Développement Arabe et le Programme du Golfe Arabe pour les agences de développement des Nations Unies, a été critiqué par les féministes algériennes, qui estiment qu'il ne fait pas état des progrès accomplis par les femmes dans ce pays.
Le quotidien algérien La Nouvelle République cite le représentant résident du PNUD en Algérie Marc Destanne de Bernis, affirmant que ce rapport est "déséquilibré" et que les recherches étaient plus basées sur la situation au Moyen Orient qu'au Maghreb.
Ce rapport montre que le taux d'emploi des femmes arabes est "le plus bas au monde, à 33 pour cent, contre 69 pour cent de femmes en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique, et plus de 60 pour cent en Afrique subsaharienne".
Selon les statistiques présentées dans ce rapport, bien que le nombre de filles à tous les niveaux de l'enseignement dépasse celui des garçons dans un certain nombre de pays arabes, moins de 80 pour cent des jeunes filles dans tous les pays arabes, à l'exception du Bahreïn, de la Jordanie et des Territoires Palestiniens, bénéficient d'une éducation secondaire.
Quant aux droits juridiques, ce rapport souligne que même si 17 des 21 pays arabes ont signé et ratifié la Convention sur l'Elimination de Toutes Formes de Discrimination à l'Egard les Femmes (CEDAW), ils ont également émis un certain nombre de réserves qui l'ont vidé de la plus grande partie de sa substance.
La vice présidente du Sénat algérien, Zohra Drif-Bitat, a déclaré que le rapport du PNUD ignorait les progrès réalisés par les femmes algériennes. Une opinion similaire a été exprimée par Leila Djabri, membre de l'Association pour l'Emancipation des Femmes, concernant les amendements apportés au Code de la famille, qui donne aux femmes plus de droits dans les affaires de divorce. Elle fait remarquer que les femmes n'ont plus à être accompagnées d'un chaperon lorsqu'elles se marient. Concernant le divorce, les mères ont désormais les mêmes droits de garde des enfants que les pères.
Mme Drif-Bitat indique que 35 pour cent des postes de haute responsabilité dans la magistrature algérienne sont occupés par des femmes, et que celles-ci ont accompli des progrès en terme d'embauche, qui est passée à 26 pour cent contre 12 pour cent en 1996.
M. Rezzig, qui présentait le rapport, a concédé que "toutes les données n'ont pas été prises en compte, comme les informations concernant le système d'enseignement en Algérie, où le nombre de filles dans l'enseignement secondaire et supérieur est bien plus élevé que celui des garçons". Sur le sujet du Code de la Famille, il indique que "les amendements de fond apportés à cette loi auraient dû être mentionnés" et souligne que le rapport du PNUD reprenait des données provenant d'instances internationales telles que l'OMS et l'UNESCO, plutôt que de données nationales algériennes.