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Les Marocains s’adonnent de plus en plus à la chirurgie esthétique

08/12/2006

Au vu du niveau des tarifs, de la bonne formation des médecins, de la grande qualité des infrastructures et de l'attrait des offres, la chirurgie esthétique connaît un essor important au Maroc. Des Marocains et des étrangers, issus de milieux économiques très divers, sont de plus en plus friands des traitements esthétiques dans le pays.

Par Sarah Touarhi pour Magharebia à Rabat -- 08/12/06

[File] Les Marocains n'hésitent plus à recourir au bistouri pour chercher à atteindre la beauté.

La chirurgie esthétique connaît un engouement croissant au Maroc. Les spécialistes du secteur se félicitent des progrès déjà réalisés au bout de quelques années d'exercice seulement, grâce à l’engouement des Marocains qui, comme partout dans le monde, ont envie d’être beaux. Les pratiques courantes en Europe ou aux Etats-Unis prennent désormais racine au Maroc.

Selon le docteur Ramzy Rachid, spécialiste en chirurgie esthétique et réparatrice, le Maroc accueille une clientèle de plus en plus nombreuse. La majorité des cabinets ont vu le nombre de leurs patients doubler, voire tripler au cours des dernières années. "De nombreuses patientes nous consultent pour de simples diminutions de taille", indique le docteur Rachid. Il précise que 60 à 70 pour cent des patientes ont moins de 40 ans. "Nous sommes loin de la moyenne des années précédentes qui était de soixante ans. Il n’existe pas un profil déterminé."

Le consommateur "finit par être influencé par les nouvelles images et techniques que la télévision ne cesse de passer. La chirurgie esthétique est devenue une solution pour de nombreuses personnes. Elle était autrefois réservée à une élite. Elle est devenue aujourd’hui accessible à un plus grand nombre, toutes couches sociales confondues", indique le sociologue Abou al Mahacine Ali.

Les prix pratiqués au Maroc sont à la portée de nombreuses couches sociales. En effet, les tarifs ne sont pas fixés -- et les patients peuvent marchander. Une même opération coûtera à un patient deux fois plus cher qu'à un autre.

Une liposuccion coûtera ainsi de 10 000 à 40 000 dirhams, une prothèse mammaire de 20 000 à 30 000 dirhams. Le prix d'un lifting commence à partir de 25 000 dirhams. Un lifting du visage et du cou coûte entre 25 000 et 35 000 dirhams. La chirurgie esthétique des paupières va de 8 000 à 12 000 dirhams. Pour refaire un nez, le montant varie entre 5 000 et 15 000 dirhams. Les implants de cheveux coûtent entre 6 000 et 10 000 dirhams la séance.

Selon le docteur Ahmed Bourra, pionnier de la greffe des cheveux au Maroc, ces prix ne sont pas gonflés. "Certes, ceux qui touchent le SMIG ne peuvent pas rêver qu'ils vont bénéficier un jour de la chirurgie esthétique. Mais, il existe une certaine catégorie de personnes qui peuvent avoir recours aux prestations de la médecine esthétique grâce aux crédits."

Le Maroc est aussi devenu une destination de tourisme médical. Les Occidentaux viennent se faire traiter dans le pays du fait des prix bas et de la discrétion ambiante. Les voyagistes proposent de plus en plus souvent des packages qui incluent la chirurgie esthétique.

Le Maroc commence à former des spécialistes qui se dirigent vers les petites villes ou les campagnes pour exercer la chirurgie esthétique et la dermatologie chirurgicale. Cependant, la prise en charge pose un grand problème. Les compagnies d'assurance considèrent que les opérations esthétiques relèvent du luxe et ne remboursent pas ce type d’interventions.

Dans les centres universitaires hospitaliers de Rabat et de Casablanca, les responsables commencent à s'intéresser au secteur. Les deux CHU disposent d'un centre de chirurgie esthétique réparatrice, d'un centre des brûlés et d'un centre de dermatologie esthétique.

Le professeur Fahd Benslimane signale que les patients ne sont pas toujours prévenus sur les risques de ces opérations, et il n'est pas toujours possible de corriger en mieux certaines imperfections. "L'éthique veut que le médecin soit franc avec son patient, qui doit être informé qu'une chirurgie esthétique se fait en principe pour améliorer son état, mais que d'autres imperfections peuvent apparaître."