27/11/2006
Un colloque international de trois jours consacré à la confrérie soufie Tidjani a ouvert ses portes le 23 novembre à l'Université de Laghouat en Algérie, en présence d'une centaine d'intellectuels et de personnalités du monde de la culture de 29 pays. Les participants ont parlé de l'apport de cette confrérie pour donner à l'Islam un "visage humain".
Par Lyes Aflou pour Magharebia à Lagouat -- 27/11/06
![]() [File] Un fidèle priant devant la tombe de Sidi Ahmed Tidjani fondateur de la confrérie qui porte son nom. |
Lors d'un colloque international de trois jours consacré à la confrérie Tidjani, qui a débuté le 23 novembre à l'université algérienne de Laghouat, les participants ont discuté de la contribution sociale de cet ordre, de la création et du développement de la confrérie Tidjani, et de la façon dont elle est perçue à l'étranger. Participaient à cette rencontre des représentants de 29 pays et une centaine d'intellectuels et de personnalités du monde de la culture.
A l'ouverture des travaux, le Premier Ministre algérien Abdelaziz Belkhadem a affirmé qu'il souhaitait "faire de cette rencontre et des zaouïas (centres religieux) un centre de rayonnement et des tribunes à partir desquelles sont propagés les préceptes de notre religion".
Le fondateur de cette confrérie, le Cheikh Sidi Ahmed Ettidjani Ben Mohamed Ben Mokhtar, descendant de Hossein Ibn Ali, est né à Ain Madhi à Laghouat en 1737 (an 1150 de l'Hégire). Après avoir dédié sa vie à l’acquisition du savoir religieux, il est décédé en 1815 (an 1230 de l'Hégire) à Fès, où il fut enterré dans sa grande zaouïa.
Ain Madhi est considéré comme le berceau de cette confrérie, où s’enseignent la solidarité et l’entraide entre les fidèles. Mohamed Habib Ettidjani, descendant du cheikh spirituel, a expliqué que Sidi Ahmed soutenait que "l'on ne peut acquérir la connaissance de Dieu qu'une fois traités les maux de l'âme".
A l'image de ces deux voyages, les périples des Cheikhs de la confrérie tidjanie sont des véritables haltes spirituelles qui ont permis de propager l'Islam.
"La rencontre en elle-même traduit le souci de mieux s'appuyer sur un levier influent en Afrique. Les réseaux tidjanis sont influents, au Sénégal, au Mali, au Soudan et surtout au Nigeria. Il s'agit donc à travers cette rencontre de promouvoir un "Islam à visage humain"," a déclaré l'écrivain syrien Ihssan Baadarani.
"Cette conférence a fait revivre chez chacun de nous la véritable fraternité, puisqu’on est sorti des frontières géographiques pour rejoindre les relations spirituelles", a indiqué Souleimane Ahmed Mohamed Osmane, maître de conférences à l’Université de Khartoum, au Soudan.
"L'éducation des êtres, la purification des âmes, le recours aux bonnes actions et paroles priment sur l'aspect guerrier d'une religion que des courants politiques veulent réduire à un étendard militant", a de son côté indiqué le président de l’Union Nationale des Zaouias d’Algérie, Mahmoud Chaalal.
Dans un message lu lors de cette rencontre, le président Abdelaziz Bouteflika a souligné la nécessité de "mettre en exergue les valeurs spirituelles, humaines et esthétiques de l'Islam lorsque nous l'expliquons aux non-Musulmans et de leur présenter la véritable image de cette grande religion".
Les citoyens de Ain Madhi voient en la réhabilitation de leur zaouia un signe de reconsidération des pouvoirs publics à leur égard. "Nous devons tout à la zaouia, même le goudronnage des routes et la construction de l’hôtel qui accueillent les visiteurs", a affirmé le professeur Ahmed Larousi.