Magharebia
Édité sur Magharebia‎ (http://www.magharebia.com) ‎
http://www.magharebia.com/cocoon/awi/xhtml1/fr/features/awi/features/2006/11/19/feature-02

Un mouvement marocain cherche à attribuer un tiers des sièges au parlement aux femmes

19/11/2006

Les associations marocaines engagées au sein d'un mouvement visant à porter la représentation parlementaire des femmes à un tiers des sièges après les élections de 2007 pourront s'appuyer sur une récente étude identifiant les obstacles restants pour que les femmes puissent atteindre des postes de responsabilité. Les auteurs de cette étude estiment qu'un changement des mentalités sociales est nécessaire pour que ces changements puissent voir le jour.

Par Imane Belhaj pour Magharebia à Casablanca – 19/11/06

[Getty Images] Représentantes du parti Justice et Développement (parti islamique)

Le mouvement visant à accroître la représentation parlementaire des femmes au Maroc pourra se fonder sur une étude de l'Assocation Démocratique des Femmes Marocaines, publiée le 7 novembre, qui identifie quelques points importants dans la lutte des mouvements féministes depuis 1992 et montre les obstacles restant à surmonter avant que les femmes n'atteignent des positions de pouvoir.

Cette étude s'inscrit dans le cadre d'un programme de partenariat de deux ans avec l'Union Européenne, destiné à renforcer le nombre de femmes occupant des positions de pouvoir. Ce partenariat comporte un programme de formation pour les femmes désireuses de se présenter lors des élections législatives.

La présidente de l'association, Rachida Tahiri, a déclaré à Magharebia: "Avec cette étude, nous souhaitons mettre en place un cadre permettant de prendre en compte les mécanismes susceptibles d'améliorer cette représentation. Nous voulons aussi que la question de la représentation politique des femmes soit incluse dans le débat concernant le renforcement et l'élargissement de la démocratie, c'est-à-dire l'intégrer dans un cadre de pensée et de discussion sur le processus électoral, puis travailler à développer ce qui a été acquis par le système des quotas, qui a donné aux femmes marocaines le droit à une représentation de 10 pour cent à la Chambre des députés."

Selon Nazha Skalli, députée parlementaire du Parti du Progrès et du Socialisme, cette étude s'inscrit dans une longue série d'initiatives visant à augmenter la représentation politique des femmes.

"Ce travail arrive à un moment décisif, alors que le parlement [a entamé] les débats sur la Loi électorale, le 14 novembre. Il devient manifeste que les femmes doivent être présentes lors de ce débat, que leur voix soit entendue et leurs demandes transmises. En tant que parlementaires, nous nous efforcerons de communiquer ce message et cette demande, qui implique la question de la réforme de la démocratie représentative, dont je pense qu'elle traverse actuellement une crise. J'estime que la participation des femmes donne à la démocratie la possibilité d'aborder les préoccupations des citoyens et de rapprocher la politique du cercle familial, de la rue et de la société en général", a-t-elle déclaré à Magharebia.

Un mouvement visant à accorder un tiers des sièges au parlement aux femmes en 2007 a été formé en juin. Il regroupe actuellement 34 associations de femmes marocaines.

Ce mouvement se mobilisera pour résister à toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes et à l'inégalité dans ses liaisons avec les décideurs et les responsables politiques pour assurer une plus forte participation des femmes lors des élections de 2007. Il appellera également les médias à se faire l'écho de sa cause.

Mohamed Mouaquit, professeur de droit à l'Université Mohammed V, qui a préparé l'étude pour l'Association Démocratiques des Femmes Marocaines, affirme que la représentation politique des femmes au Maroc "ne traite pas du nombre de sièges réservés aux femmes, comme on pourrait le penser, mais plutôt d'un profond changement dans les mentalités, qui exige d'étudier la domination des hommes sur les femmes comme une forme particulière des relations de pouvoir au sein des sociétés. Elle implique également de travailler dans un cadre de type social, pour aider à mettre en oeuvre tous les moyens pour s'opposer à l'inégalité et à la discrimination et valider l'importance de la solidarité féminine dans ce combat pour l'égalité, la démocratie et la citoyenneté".