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Les tapis tissés à la main en compétition avec les tapis d'usine

14/11/2006

Des fabricants habiles de tapis tissés à la main, au Maroc, doivent dorénavant rivaliser avec les tapis d'usines, moins cher. Le Gouvernement marocain s'efforce de donner plus de valeur, au niveau domestique et à celui du marché international, au tapis artisanal.

Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 14/11/06

[File] Des acheteurs flânent dans la Rue des Consuls

Depuis des années, des tapissiers de Salé se sont installés, toujours au même endroit, le long de la Rue des Consuls à Rabat, du lundi au vendredi, pour vendre leurs marchandises. Tandis que beaucoup de passants s'attardent à regarder les tapis, quelques-uns en achètent.

Rahma Zaïmi, une tapissière de 30 ans, dit qu'elle n'a rien pu vendre le mois dernier, malgré le fait que ses tapis soient de meilleure qualité, comme en témoigne le label bleu du Bureau de contrôle de la Qualité. " L'orange atteste d'une qualité maximale, le bleu, une qualité supérieure, le jaune accorde la moyenne au produit et le gris annonce une qualité standard", explique-t-elle à Magharebia.

Fatima Bentider n'a pas attiré, depuis quatre mois, un seul client, malgré ses tapis aux labels oranges et bleus.

Le désappointement se lit sur le visage de ces tapissiers qui ont voué leur vie à leur artisanat, et qui sentent leurs moyens d'existence mis en péril.

Zohra Fassihi, dont la grand-mère fut tapissière, comme elle l'est maintenant, est optimiste.

"Je sais que les choses vont changer. J'ai entendu parler de nouvelles lois sur l'artisanat, dit-elle.

Les magasins spécialisés alentours et qui vendent des tapis traditionnels ont également connu des ventes difficiles, attirant beaucoup de curieux et peu d'acheteurs.

Bousbina Halima, propriétaire d'un magasin de tapis traditionnels à Oudaya, explique : "Ce sont les deux usines qu'ils ont construit au Maroc qui ont causé notre chute. Ils tirent profit, sur le marché, de l'utilisation de créations marocaines."

Les marocains s'écartent des tapis traditionnels en raison de leurs prix élevés, qui s'étalent de 1000 à 2500 dirhams au mètre-carré. Le prix dépend de la qualité du tissage et du temps passé à peaufiner le tapis. Des tapis industriels similaires coûtent entre 150 et 250 dirhams.

Mohamed Boulhcen, Président de la Chambre de l'Artisanat à Rabat, rend visite régulièrement aux artisans. Il appelle toute personne travaillant dans ce secteur à un effort commun pour résoudre le problème. Il a indiqué aux tapissiers que la Chambre travaille sur un modèle sectoriel basé sur celui des pays développés.

"Dans le cas du tapis r'batis, et dans le cas présent, les artisans traversent une période très difficile parce qu'il existe des machines qui peuvent tout réaliser, alors que cela prend des mois de tisser un tapis à la main. Nous avons toujours des problèmes avec les matières premières, dont les prix ne sont pas fixés. Nous devons prendre ces difficultés à bras le corps et l'Etat doit venir en aide à ce secteur", dit Bouhlcen.

Il propose des mesures, comme la réduction des taxes, l'introduction de tapis comme pièce de décor dans les bureaux publics et une campagne d'informations pour promouvoir le produit sur les marchés étrangers dont le pouvoir d'achat est plus élevé.

Le Ministère du Tourisme, de l'Artisanat et de l'Economie Sociale croit fermement que les artisans peuvent s'organiser de manière à conquérir les marchers domestique et étranger. La demande extérieure est forte, selon le Ministère, qui encourage la création de firmes s'assurant que la matière utilisée dans la fabrication des tapis est adécquate et de qualité. Le département de l'artisanat compte sur les grands magasins, en Europe et ailleurs, pour vendre de grandes quantités d'objets artisanaux marocains. The Ministry of Tourism, Handicrafts and the Social Economy believes the craftspeople must organise themselves to conquer the domestic and foreign markets. Foreign demand is high, according to the ministry, which is encouraging the creation of firms to ensure supply is adequate and regular. The handicrafts department is counting on superstores, both in Morocco and abroad, to sell large quantities of craft items.