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Le micro-crédit aide de nombreux Marocains à échapper à la pauvreté

03/11/2006

Le micro-crédit connaît actuellement un grand essor au Maroc. Les personnes déshéritées, qui ne peuvent prétendre à des prêts traditionnels, peuvent désormais lancer de petites entreprises à l'aide de prêts de micro-crédit.

Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 03/11/06

[File] Soudoji a ouvert son commerce de babouches grâce au micro-crédit.

Grâce à l'aide de micro-prêts à faible taux d'intérêt, de nombreux Marocains défavorisés, parmi lesquels des femmes et des habitants des zones rurales, ont pu échapper à la pauvreté et ouvrir leur propre entreprise.

A l’heure actuelle, on dénombre au Maroc douze associations de micro-crédit. Grâce au soutien du PNUD, de l’USAID et d’autres bailleurs de fonds, des milliers de prêts allant de 500 à 50 000 dirhams ont été accordés. Les bénéficiaires doivent avoir des dépenses de ménage moyennes ne dépassant pas 2 500 dirhams.

Jihane El Gueddaoui, attachée de direction d’Al Amana pour la promotion des micro-entreprises a indiqué à Magharebia que l’objectif de son association est d’atteindre en 2009 plus d’un demi million de foyers. Après que quelques bénéficiaires se furent plaints du faible montant de ces prêts, le plafond du crédit a été porté à 50 000 dirhams.

Elle affirme que Al Amana s'attache tout spécialement au monde rural.

"L’introduction du système de micro-crédit dans le monde rural reste relativement limitée à l’artisanat, le petit élevage et les autres services, alors que le potentiel de financement de l’agriculture classique reste énorme", indique-t-elle.

Selon la Fédération Nationale des Associations de Micro-crédit (FNAM), les clients ruraux des associations de micro-crédit ne représentent que 34 pour cent du total, alors que la clientèle éligible est dix fois plus importante qu’en milieu urbain.

D’après la FNAM, le nombre des prêts accordés ne cesse d’accroître et a déjà changé le quotidien de nombreux Marocains, même si le micro-crédit est encore relativement nouveau au Maroc. Bien que le micro-crédit eut existé depuis les années 1970, il n'avait pas été introduit au Maroc avant 1993.

Lorsque le revenu du mari de Hadifa Herrat n'a plus été suffisant pour subvenir aux besoins de la famille, elle a décidé de demander un crédit à Al Amana. Elle a obtenu 3 000 dirhams, qui lui ont permis d'acheter des marchandises pour son nouveau commerce d'habillement.

"Mon lancement dans le commerce n’était pas facile car j’ai toujours été une femme au foyer. Mais, c’est le début qui est le plus difficile. Maintenant je participe aux dépenses de ma famille", déclare-t-elle avec fierté.

D'autres ont pu, grâce au micro-crédit, combattre le chômage.

Noureddine Soudoji, un jeune homme de 18 ans, a utilisé un micro-crédit de 4 000 dirhams il y a deux ans pour ouvrir un atelier de fabrication de babouches traditionnelles à Rabat, qui est devenu prospère.

Soudoji déclare: "J’ai pu réussir ma vie professionnelle après avoir échoué à l’école. C’est grâce à un ami que j’ai appris l’existence de l’association qui a changé mon destin."

Il espère obtenir un autre prêt pour développer son commerce et poursuivre sur la voie du succès.

Le Maroc est aujourd'hui cité comme un exemple de réussite en matière de micro-crédit et sert déjà de référence à d'autres pays méditerranéens.

Le sociologue marocain Rahim Chabour affirme: "En donnant accès aux populations défavorisées au micro-crédit, on renforce leurs capacités à accroître leur revenu en favorisant leur participation à l’économie nationale."

La Banque Mondiale estime que plus de 7 000 institutions de micro-financement viennent en aide à près de 16 millions de personnes défavorisées dans les pays en développement.