14/09/2006
De nombreux parents marocains préfèrent les écoles privées, parce qu'ils estiment qu'elles offrent de meilleures opportunités d'avenir à leurs enfants.
Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat – 14/09/06
![]() [File] Les écoles privées sont choisies par la plupart des parents qui peuvent se le permettre. |
Le nombre d'enfants fréquentant les écoles privées au Maroc a sensiblement augmenté ces dernières années, car les parents souhaitent que leurs enfants bénéficient d'un enseignement de bonne qualité. Près de 500 000 élèves apprennent à lire et à écrire dans des écoles privées.
Khalid Al Idrissi, enseignant dans un établissement public, a opté cette année pour une école privée pour sa fille de quatre ans.
"Mon choix est réfléchi. Ma fille doit apprendre dès son jeune âge deux langues, l’arabe et le français. En outre, l’école publique est surchargée. C’est pour cette raison que j’ai préféré mettre ma fille dans un cadre propice", déclare-t-il.
La plupart de ses collègues, et ceux qui en ont les moyens, ont pris la même décision.
"Il est hors de question pour moi de scolariser mon enfant dans une école publique. Dans le privé, il y a plusieurs activités parascolaires qui favorisent l’épanouissement de l’élève, comme la musique et la peinture", affirme Imrane Rajae, une étudiante.
Mais bien que le public fasse confiance au privé, la qualité de ces écoles dépend en fait des frais d'inscription.
"Les prix ne sont pas fixés. Ils dépendent de l’offre et de la demande. Il faut savoir où mettre son enfant. Parfois, quelques écoles ne dispensent pas l’enseignement souhaité. J’en ai fait l’expérience", déclare le photographe Sarhane Aissa. Sa fille de huit ans a fréquenté trois écoles, dont il n'a pas été satisfait.
"Dans la première école, on lui donnait trop de devoirs et elle n’arrivait pas à bien suivre ses cours. Dans la seconde, on ne prêtait pas assez d’attention à la santé des élèves. Cette année, je l’ai inscrite dans une école près de chez moi. J’espère que ce sera la dernière", déclare-t-il.
"Il ne s’agit pas de sélectionner n’importe quelle école privée. Mais il faut que les parents soient au courant de tout: le programme, l’entourage, le niveau des enseignants…C’est ce que j’ai fait avant que je confie mon fils à cette école privée dès l’âge de trois ans", déclare l'ingénieur Abderrahmane Kadiri.
Toutes les écoles doivent au moins dispenser le programme de l’enseignement public, mais elles sont libres d’ajouter toutes les activités qu’elles jugent nécessaires pour l’épanouissement des élèves. Celles qui ne respectent pas les normes imposées par le ministère de l’Education nationale sont condamnées à fermer.
Le gouvernement marocain s'est engagé à développer l'enseignement privé, espérant que le secteur privé suivra, pour veiller à ce que chacun reçoive une éducation.
Selon le ministère de l'Education nationale, seuls 6 pour cent des enfants fréquentent actuellement l'enseignement privé. La Charte nationale sur l'éducation et la formation a fixé un objectif de 20 pour cent d'ici 2010.
La plupart des écoles privées sont regroupées dans les zones urbaines, les zones rurales n'ont guère le choix. Actuellement, 47 pour cent des écoles privées se situent sur le littoral atlantique, entre Kenitra et Casablanca, tandis que les 53 pour cent restants sont réparties entre les grandes villes des autres régions.