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Les bijoux faits main en Algérie : une tradition vivante

13/08/2006

Dans les régions de Kabylie, de Chaouis et de Touareg, les Amazighs font de la fabrication de bijoux une tradition vivante, en mélangeant des techniques anciennes et des styles modernes. Si l’art est réputé et respecté, les bijoutiers doivent encore faire face aux problèmes de la cherté des matériaux et de la contrefaçon.

Par Kaci Racelma, correspondant pour Magharebia à Alger -- 13/08/06

[File] Des bijoux amazighs

La création de bijoux est une composante déterminante de la culture algérienne amazighe. En dépit de conquêtes étrangères continuelles, la population a su conserver cet art vivant. Les bijoutiers amazighs traditionnels ont tendance à satisfaire aux goûts modernes, tout en restant attachés à leurs racines.

"Certains aspects de l’industrie artisanale de la bijouterie doivent être mises au goût du jour pour se conformer à une demande qui évolue. Demeurer prisonnier des vieilles méthodes est insensé, car le monde continue d’évoluer", faisait remarquer le propriétaire d’une boutique artisanale à Tizi-Ouzou. "Les changements devraient surtout concerner la forme des objets, qui doit aller de pair avec l’amélioration du commerce," ajoute-t-il.

L’émaillage est une technique populaire de la fabrication de bijoux amazighe. Certains observateurs pensent que la brillance traduit la chaleur des régions amazighes. La technique a été adoptée vers le XVème siècle par les Juifs, qui l’ont introduit en Kabylie et en Chaoui. Les boucles d’oreilles, les bagues et les bracelets sont quelques-unes des pièces fabriquées dans ce style. Tandis que les formes et les couleurs demeurent une forme d’expression unique et particulière à chaque région, il n’existe aucune différence visible entre les bijoux kabyles, chaouis et m'sila. Ces trois régions sont influencées par les styles romain et byzantin.

Les bijoux faits main amazighs n’a que récemment commencé à être célébrée, grâce au Festival annuel de la bijouterie de Beni Yenni, qui a eu lieu pour la première fois en 1995.

En dépit d'une certaine réussite dans le domaine du marketing, l’art a du mal à percer, du fait des coûts élevés des matériaux, explique Ali Kechout, bijoutier à l’exploitation d’Ath Yenni, à Tizi-Ouzou.

"Les matériaux de base, dont les prix fluctuent tout le temps, sont l’un des problèmes rencontrés par les bijoutiers amazighs. Chaque augmentation, fixée par l’AGENOR (une société anonyme algérienne chargée de la distribution et de l’importation des métaux précieux), qui détient le monopole, engendre des conséquences qui dérangent nos clients, qui nous demandent souvent des explications". Le bijoutiers déplorent également ce qu’il appellent la "contrefaçon artisanale".

Les faussaires utilisent souvent de l’argent léger qu’ils oxydent pour créer une apparence usée. De plus, la rareté du corail naturel encourage l’usage du plastique. Les commerçants importent également des bijoux de style amazigh fabriqués à peu de frais.

Cependant, les compétences propres des bijoutiers ne sont pas vaines. Ils ont l’occasion de montrer leurs talents lors de festivals de bijouterie, comme celui qui a récemment eu lieu du 27 juillet au 4 août – une façon idéale de mettre en valeur leurs talents. La sauvegarde de cette tradition dépend de tous les acteurs de l'industrie.