11/08/2006
Un complot terroriste ayant pour objectif de faire exploser des avions reliant la Grande-Bretagne et les Etats-Unis a été contrecarré par les autorités britanniques après avoir été apparemment informé par un musulman d’origine britannique. Les musulmans d’origine britannique se sont montrés choqués par le complot et ont loué la police de les avoir informés de la situation.
![]() [Getty Images] Le complot impliquait des terroristes faisant sortir clandestinement des liquides apparemment inoffensifs dans des bouteilles de boissons |
Les autorités britanniques ont contrecarré l’un des complots terroristes les plus graves depuis les attaques du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.
Le complot impliquait des terroristes faisant sortir clandestinement des liquides apparemment inoffensifs dans des bouteilles de boissons, introduites à bord, pour ensuite les rassembler et reconstituer des bombes qu’ils auraient fait exploser au moyen d’un iPod ou d’un téléphone portable.
La police britannique a arrêté 24 personnes soupçonnées il y a quelques jours de vouloir tenter de faire exploser dix avions reliant la Grande-Bretagne aux Etats-Unis. La plupart des individus identifiés sont des musulmans d’origine pakistanaise, âgés de 17 à 35 ans, selon la Banque d’Angleterre, qui a gelé les comptes de l’ensemble des suspects. Deux femmes figurent parmi les personnes arrêtées.
Le complot devait constituer "un massacre d'envergure inimaginable", a déclaré Paul Stephenson, le commissaire adjoint de la police de Londres, jeudi (10 août) à CNN.
L’opération terroriste a atteint un "point critique" mercredi soir, suscitant la prise de "mesures urgentes" par les autorités britanniques, a indiqué jeudi le commissaire adjoint Peter Clarke, chef de la section anti-terroriste de la police de Londres. La Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont élevé leur niveau d’alerte à son maximum, causant ainsi des retards importants dans les aéroports britanniques et obligeant de nombreuses compagnies aériennes à annuler des vols.
Selon le Washington Post, un membre de la communauté musulmane britannique a informé les services britanniques de renseignements des activités suspectes de l’une de ses relations, peu de temps après les attentats de juillet 2005 dans les transports en commun londoniens. Les informations ont conduit à des efforts coordonnés impliquant les services de renseignements britanniques, américains et pakistanais.
L’AFP a rapporté les propos d’un haut responsable pakistanais, qui déclare que deux britanniques d’origine pakistanaise ont été arrêtés la semaine dernière, l’un dans la ville de Karachi, au sud du pays et l’autre dans la ville de Lahore, à l’est.
Les deux individus, indique le haut responsable, "sont des membres clés du réseau de militants basé en Grande-Bretagne. Le Pakistan a arrêté sept individus au total, en rapport avec le complot, avant les arrestations qui ont eu lieu jeudi à Londres. Les suspects avaient "parfaitement connaissance du projet d’attentat dans les avions et les informations ont été transmises aux services de renseignements britanniques et américains", a indiqué le haut responsable à l’AFP.
Khurshid Ahmed, membre de la Commission pour l’égalité des races de Birmingham, où certaines des autres arrestations ont eu lieu, a déclaré dans l’émission de BBC Radio 4 "The World at One", que "les musulmans d’ici sont choqués de constater que des jeunes sont encore activement impliqués dans des activités que notre société condamne, mais aussi soulagés qu’un possible attentat ait été contrecarré".
Ahmed a loué les autorités britanniques de l'avoir alerté de la situation avant d’agir, afin qu’il puisse expliquer à la communauté ce qu’il se passait.
Vendredi, de nombreux quotidiens britanniques ont félicité les autorités d’avoir déjoué le complot terroriste et ont appelé le gouvernement et la population à réagir de manière proportionnelle.
"Même les pires actes terroristes engendrent un grand nombre de victimes du fait de réaction hystériques", a dit le Financial Times dans l’un de ses éditoriaux. "La réponse la plus puissante contre le terrorisme est de ne pas se laisser aller à la terreur", a-t-il ajouté.
Le Daily Telegraph, dans l’un de ses éditoriaux, a soutenu que la victoire sur les jeunes musulmans désabusés devait commencer à la maison. "Seules les familles musulmanes sont en mesure d’arrêter cette infamie… La longue marche pour regagner la confiance des jeunes musulmans désabusés doit commencer dans leur foyer, ainsi que dans les quartiers dans lesquels ils vivent", disait le journal.
"Ce processus doit débuter à la base. Les pères, les mères, les frères et les sœurs de ces jeunes, ainsi que les autres membres de leurs familles sont les personnes les mieux placées pour détecter – et les plus à même de stopper – l’émergence du radicalisme", ajoutait l’éditorial.