07/06/2006
Le festival de musique du Maroc de Fez a pour objectif de promouvoir la démocratie, le développement et la paix par le biais de l'art. Des artistes et des mélomanes du monde entier se retrouvent à Fez pour un festival de dix jours, pour promouvoir une meilleure compréhension culturelle. Le thème du festival de cette année est "Une âme pour la mondialisation", en référence à une technologie qui tend à réduire le monde, donnant aux peuples un accès à des cultures qui semblaient autrefois très éloignées.
![]() [fesfestival.com] |
L'ancienne cité arabe de Fez accueille actuellement le 12ème festival de musique du Maroc, intitulé Festival des musiques sacrées du monde, et qui se déroule du 3 au 12 juin.
Ce festival attire des musiciens de plus de quinze pays du monde entier, parmi lesquels le Japon, le Tibet, l'Inde, l'Iran, l'Azerbaïdjan, la Syrie, le Mali, l'Amérique latine et de nombreux pays du bassin méditerranéen, sous le thème "harmonies".
Au programme, des derviches tourneurs, des chants ghazal, de la musique spirituelle de la Renaissance et baroque, de la musique sépharade et des gospels américains. Fez est considérée par beaucoup comme un lieu parfait pour un festival de musique célébrant la diversité. La vieille cité a un long passé de tolérance et de diversité, où Juifs, Chrétiens et Musulmans ont cohabité en parfaite harmonie depuis sa fondation en 789.
Aujourd'hui, Fez est l'une des villes habitées les plus anciennes du monde et a été inscrite au patrimoine de l'humanité par l'UNESCO.
Mais cette ville, autrefois connue pour sa coexistence religieuse, a connu une certaine homogénéisation ethnique de sa population ces dernières décennies.
"Lorsque j'étais jeune, il y avait des Juifs, des Chrétiens et des Musulmans à Fez. Ce n'est plus le cas aujourd'hui", affirme Faouzi Skali, fondateur du festival de musique, à la BBC.
Skali avait lancé cette manifestation annuelle en 1994, trois ans après la libération du Koweït par les Américains. Il avait anticipé les tensions politiques dans le monde arabe, et décidé de rapprocher des cultures différentes, pour qu'elles apprennent à se connaître.
Aujourd'hui, ce festival connaît un succès énorme. Et avec les nombreuses crises qui secouent les pays de la région, que ce soit en Irak, en Israël, dans les territoires palestiniens ou au Soudan, cette manifestation apparaît encore plus importante que jamais.
Outre des spectacles de musique internationaux, le festival accueille également un colloque, ou un forum de débats, appelé Rencontres de Fez, lancées pour la première fois en 2000. Depuis lors, il est devenu l'un des moments forts de ce festival.
Ce colloque, qui accueille des universitaires, des leaders religieux et des militants politiques, aborde la manière dont la spiritualité et la démocratie peuvent jouer un rôle pour la paix. Le forum de cette année abordera les sujets de la pauvreté, de la spiritualité, de l'économie et de la mondialisation.
Selon l'AFP, près de 60 délégués originaires du Maroc, de France, de Tunisie, des Etats-Unis et d'Allemagne, plus des Israéliens et des Palestiniens, devraient participer aux débats.
En 2001, les Nations Unies avaient reconnu ce festival comme un contributeur essentiel au dialogue entre les civilisations.
Le forum a attiré l'attention des pays occidentaux, et le ministre français de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, participera à une rencontre, organisée samedi au palais Batha de Fez, une ancienne demeure du XIXème siècle.
Selon les propos du ministre français, rapportés par l'AFP, "les puissances politiques du monde actuel doivent pleinement assumer leur rôle et ne pas laisser le champ à des courants comme le fondamentalisme, que nous devons apprendre à combattre ensemble". "Dans le cadre de la mondialisation, le respect des identités, des cultures et des religions est un facteur essentiel de paix", a ajouté M. de Vabres.