30/05/2006
L'Association Démocratique des Femmes du Maroc (ADFM) s'inquiète de la lenteur observée dans la réforme du Code de la Nationalité.
Par Hassan Benmahdi pour Magharebia de Casablanca– 30/05/06
![]() [File] Jettou |
Le Roi Mohammed VI a proposé le projet de révision du Code de la Nationalité lors du discours du 30 juillet 2005. L'intérêt porté par le Roi à cette initiative fait du retard marqué une chose inaccoutumée.
L'Association Démocratique des Femmes du Maroc (ADFM) n'a pas manqué de soulever ce point dans sa lettre ouverte adressée au Premier ministre M.Driss Jettou. L’ADFM a aussi fait part de tous les points suscitant rumeurs et inquiétude quant au sujet du projet de révision.
"Il est urgent et il est grand temps pour que le Parlement statue d'une façon claire et sans équivoque sur le droit des femmes marocaines à transmettre leur nationalité à leurs enfants sans condition, " a précisé l’association.
La lettre continue pour rajouter que l'association tient " à ce que M.Driss Jettou nous informe sur le devenir et l'état d'avancement de ce texte ainsi que sur les échéances à venir."
Pour Mme Mina Tafnout, Présidente du bureau de l'ADFM à Rabat, compte tenu des lenteurs enregistrées ainsi que le manque de consultation et d'information sur la reforme du Code de la Nationalité. Elle a indiqué dans cette optique que depuis que le Roi du Mohamed VI a annoncé sa volonté de réviser le Code en vue de permettre aux Marocaines de transmettre leur nationalité à leurs enfants, la loi n'a pas encore été discutée ni au sein du Conseil du Gouvernement ni au Conseil des Ministres. Elle ajoute que cette attitude risque de provoquer la déception de beaucoup de femmes marocaines.
"Le discours royal ainsi que l'annonce récente de la levée des réserves du Maroc sur l'article 9 relatif au droit des femmes à transmettre leur nationalité à leurs enfants, ont constitué une source d'espoir vers un règlement positif de cette question qui préoccupe les citoyennes mariées à des étrangers ainsi que les ONG des droits de l'Homme", a déclaré Mme Tafnout
Tafnout a rajoute que malgré ses différentes tentatives, l'ADFM n'a toujours pas reçu des informations ou des données lui permettant d'une part, d'informer et de rassurer les citoyennes directement concernées, ni d'autre part, de préparer son travail de plaidoyer auprès de l'institution législative lorsque ce texte lui sera soumis.
Le Président du Parlement M.Abdelwahed Radi, a déclaré lors de l'ouverture de la session du Printemps, que parmi les textes lcgislatifs qui seront examinés et adoptés durant cette session figure le projet de révision du Code de la Nationalité, poursuit Tafnout. Or pour s’assurer que le problème sera effectivement discuté, l'ADFM a jugé nécessaire de faire appel à Jettou.