11/01/2006
Les lampions ayant accueilli la nouvelle année universelle s'étaient à peine éteints que certaines régions du Maghreb commençaient à préparer le nouvel An amazighe, le 12 janvier. Au Maroc et en Algérie, en particulier, cet événement est célébré avec tout le faste d'une tradition ancrée dans la moralité.
Par Lyes Aflou pour Magharebia à Alger – 11/01/06
![]() [File] Le repas de Yennayer est centré autour de la famille |
Le 12 janvier, le peuple amazighe d'Afrique du Nord célébrera son propre nouvel An pour la 2 956ème fois. Les festivités sont strictement une affaire familiale, comportant des plats spécifiques. Le couscous au poulet est le plat dominant, qui personnalise touta la symbolique de l'occasion. Les familles achètent des poulets, de préférence nourris au grain, et leur tranchent la gorge selon une pratique ancestrale vieille de plusieurs siècles. Selon les chercheurs, le 12 janvier correspond à la fin du conflit armé entre les Imazighes et les pharaons égyptiens.
The Imazighes disposaient alors de leur ancien calendrier basé sur les changements de saison, les divers cycles de végétation et la position des corps célestes tels que la lune et le soleil. Avec l'arrivée des Romains, le calendrien julien a remplacé le calendrier d'origine, qui ne pouvait plus suivre les nouvelles saisons par suite des innovations agricoles. Selon les historiens, le 12 janvier du calendrier julien (instauré en 45 avant J.C. par l'empereur Jules César) correspond au 1 janvier de l'actuel calendrier grégorien (institué en 1582 par le pape Grégoire XIII).
Considérant le très fort enracinement de ces célébrations au sein de ce peuple, les autorités algériennes envisagent de reconnaître légalement le nouvel An amazighe comme un jour férié public, sous la pression des associations culturelles qui oeuvrent à restaurer l'identité culturelle. Une telle reconnaissance fait partie des négociations actuelles entre le Mouvement du peuple arouche (tribus de Kabylie) et le gouvernement. En Kabylie, les écoles et les universités n'ont pas attendu la décision officielle pour rester fermées pour la journée.
que le nouvel An soit rempli de prospérité, d'opulence et d'abondance
Ces célébrations interviennent à la fin de la saison des semailles, et elles sont organisées pour la bénir les récoltes futures. Le repas riche et copieux, composé de plusieurs plats, réunit tous les membres de la famille pour une journée de joie, pour souhaiter que le nouvel An soit rempli de prospérité, d'opulence et d'abondance. A cette occasion, chacun s'assied autour d'un large couscous traditionnel assaisonné à l'huile d'olive et rempli de morceaux de poulet.
Pour certains Amazighes, il est essentiel de ne pas pas manger de la nourriture épicée ou amère, afin que ce ne soit pas les saveurs de l'année à venir. Le repas de Yennayer est très influencé par les récoltes de la région et par les moyens matériels d'une famille. Toutefois, le repas servi doit symboliser richesse, fertilité et abondance. Parmi les exemples de plats, citons l'irecman (purée de maïs et de pois) et les coeurs de palmiers.