10/10/2005
Fermée depuis 1994, la frontière terrestre entre l'Algérie et le Maroc reste un lieu de trafics en tous genres, pour le plus grand bénéfice de ceux qui vivent le long de cette frontière et au grand mécontentement des responsables politiques des deux pays.
Par Nazim Fethi pour Magharebia à Alger – 10/10/05
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La frontière terrestre entre l'Algérie et le Maroc a été fermée en 1994 par Alger, par suite de la décision marocaine d'imposer des visas d'entrée aux ressortissants algériens.
Les familles ayant des proches de l'autre côté de la frontière attendent impatiemment la réouverture de celle-ci, afin de pouvoir revivre des échanges commerciaux sans entrave, en particulier grâce à l'afflux de touristes algériens.
A Maghnia, côté algérien, et à Oujda, côté marocain, les gens attendent le moindre signe. Si un ministre de l'un des deux pays se rend en visite dans l'autre, ce voyage est perçu comme un signal de l'imminence de la réouverture des postes frontières de Akid Lotfi en Algérie et de Zoudj Bghal au Maroc.
Malgré un fort ralentissement, les échanges commerciaux ne se sont jamais totalement arrêtés par suite de la fermeture de la frontière. Les contrebandiers profitent de la grande longueur de celle-ci (1800 km) pour faire passer des marchandises d'un pays à l'autre.
Le pétrole algérien, qui est de bonne qualité et moins cher que celui vendu dans les stations service marocaines, est très prisé au Maroc. Chaque jour, des centaines de litres sont transportés à dos d'ânes, assurant une ligne de vie à des centaines de familles des deux côtés de la frontière.
Dans la ville de Maghnia, sept stations d'essence voient chaque jour d'interminables files de voitures transportant un second réservoir, afin que les contrebandiers puissent stocker autant de carburant que possible pour le transporter à dos d'ânes dans des bidons au Maroc.
la marchandise qui s'exportait le mieux en Algérie était le cannabis
Côté marocain, la marchandise qui s'exportait le mieux en Algérie était le cannabis. Bien que le gouvernement ait bénéficié d'une aide des Nations Unies destinée à permettre aux planteurs de cannabis de la région du Rif d'opter pour des récoltes de consommation de masse, nombreux sont ceux qui persistent à cultiver une plante très lucrative.
Dans le passé, le territoire algérien était utilisé comme une zone de transit avant l'Europe. Mais avec le renforcement des contrôles aux frontières dans les pays du sud de l'Europe, la situation a changé.
Les routes utilisées par les contrebandiers sont plus surveillées, du fait de l'augmentation du nombre d'immigrants clandestins en provenance des pays subsahariens.
D'une zone de transit avant l'entrée en Europe, la frontière algéro-marocaine est devenue un lieu d'exile forcé pour de nombreuses personnes.
Les gouvernements des deux pays ont mis en place des commission interministérielles mixtes pour examiner les questions techniques liées à la réouverture de la frontière. Leurs conclusions sont attendues avec impatience des deux côtés.