26/09/2005
La campagne pour le référendum algérien sur le projet de charte pour la paix et la réconciliation nationale se termine ce lundi 26 septembre, par une rencontre dirigée par le président Abdelaziz Bouteflika à Alger.
Par Nazim Fethi pour Magharebia à Alger – 26/09/05
![]() [File] Bouteflika lance un dernier appel public en faveur du projet de charte le 26 septembre |
Les Algériens de l'étranger ont pu voter depuis samedi 24 septembre sur le projet de charte pour la paix et la réconciliation nationale. Le référendum débutera en Algérie jeudi 29 septembre.
La victoire du oui donnerait au président Abdelaziz Bouteflika une grande latitude pour décider des dispositions d'octroi de grâces ou de commutation des peines pour les terroristes repentis, ainsi que pour les mesures d'indemnisation pour les familles des victimes du terrorisme.
Durant toute la campagne pour le référendum, le président algérien s'est efforcé d'expliquer les grandes lignes de son projet de charte et les résultats escomptés de son application. Il a veillé à établir une distinction très claire entre réconciliation et amnistie générale. Il a en particulier exclu toute possibilité de retour à une activité politique pour le Front islamique du salut (FIS) ou pour les leaders islamistes qui ont encouragé ou justifié les actes de terrorisme.
La campagne pour le référendum a été marquée par une participation active des partis de l'alliance présidentielle
La campagne pour le référendum a été marquée par une participation active des partis de l'alliance présidentielle et des associations favorables à ce projet de charte, bien qu'un "blackout" ait été imposé aux partis et aux associations appelant à un boycott de ce référendum et protestant contre l'absence d'un plus large débat à son sujet.
Alors que l'ancien dirigeant du FIS Abassi Madani, ainsi que son porte-parole à l'étranger, Rabah Kebir, se soient prononcés en faveur de ce projet de charte, on ne peut en dire autant des autres responsables du parti tels que Kamal Guemmazi, Abdelkader Boukhamkham et Ali Djeddi -- qui sont restés très actifs en dépit de la mise hors la loi du parti en 1992.
Madani Mezrag, ancien responsable national de l'Armée islamique du salut (AIS) et ses principaux lieutenants ont mené une campagne en faveur de ce projet de charte. Depuis sa prison, Abdelhak Layda, premier chef du Groupe islamique armé, qui avait commis les attaques les plus sanglantes entre 1992 et 1997, est également favorable à l'approche du président Bouteflika. L'AIS, qui a déposé les armes en 1999 pour bénéficier de la concorde civile, espère récolter les fruits de cette réconciliation nationale.
Le gouvernement espère que ce projet de charte conduira à la reddition de près de mille terroristes. Toutefois, le Groupe salafiste pour le prêche et le combat, lié à Al-Qaïda, reste ferme dans son rejet de tout dialogue ou compromis. Une telle attitude a été illustrée par les attaques perpétrées durant la campagne pour le référendum, qui visaient en particulier les forces de sécurité.