06/09/2005
Des écrivains marocains ont parlé avec le quotidien Al Sharq Alawsat des relations que les enfants entretiennent avec la lecture.
(Al Sharq Alawsat 05/08/05)
![]() [File] Hassan Nejmi, ancien président de la Fédération des écrivains marocains |
Ce ne sont pas tant les milliers de livres rangés dans sa bibliothèque qui ravissent l'érudit, que de voir ses enfants qui les lisent.
Hassan Nejmi, ancien président de la Fédération des écrivains marocains, déclare avoir exigé de sa fille aînée qu'elle lise chaque livre traitant de la structure politique au Maroc qu'elle pouvait trouver, tels que ceux écrits par Mohamed Moutassim et Abdellah Saif.
Nejmi déclare que sa fille cadette a un penchant pour les romans policiers. Sa passion pour ce genre littéraire l'a conduite à lire chacune des nouvelles de Miloudi Hamdouchi. Son père pense que cette stratégie consistant à faire en sorte que ses filles lisent ce qu'elles aiment peut fonctionner pour tous les enfants du même âge. Sa plus jeune fille s'écarte des tendances culturelles de la famille en lisant en espagnol.
Rami estime que la lecture devrait être une incitation à poser des questions
Le poète et écrivain marocain Abdelwahab Rami estime que la lecture devrait être une incitation à poser des questions, dans la mesure où les textes écrits ne sont pas des vérités établies, mais relatives. Il apprend à ses enfants à lire de manière interactive et s'intéresse à la manière dont ils utilisent leurs connaissances dans leur vie réelle. Il les encourage à lire des ouvrages d'auteurs tels que Milan Kundera.
Abdelkader Chaoui, romancier et écrivain, envisage la lecture comme un rituel qu'il convient de pratiquer toute l'année. Il remarque : "Pour le moment, je ne lis rien en arabe, car je suis très occupé par la traduction d'un ouvrage d'arabe en français, qui m'accapare presque tout mon temps. Les écrivains effectuant des recherches universitaires lisent de manière irrégulière, en fonction du climat."
Chaoui pense que les écrivains préfèrent toujours que leurs enfants soient comme eux ou soient un reflet de leurs préoccupations intellectuelles et culturelles dans tous les domaines, qualifiant cela de souhait logique et naturel. L'auteur estime que certains écrivains espèrent retrouver certaines de leurs caractéristiques personnelles dans leurs enfants.
Chaoui précise que les enfants ont à leur disposition des échappatoires comme la télévision et la vie dans la rue, qui échappent à la sphère d'influence de leurs parents. Il estime que le repas du soir est le meilleur moment pour les parents pour parler avec leurs enfants.
L'écrivain Alarabi Alharthi est d'accord avec Chaoui et ajoute : "Encourager les enfants à lire commence à un âge précoce et requiert une bonne relation entre un père et son fils. L'enseignement commence verbalement par des histoires tirées de la lecture. Personnellement, j'ai un programme pour encourager mes enfants à lire : je leur lis deux pages chaque soir, deux pages avant d'aller au lit. La lecture nous aide normalement à comprendre les besoins et les penchants des enfants."