13/05/2005
Inspiré dans sa jeunesse par les exploits sur les stades de son compatriote marocain Saïd Aouita, Hicham El Guerrouj a dédié sa vie d’athlète à l’excellence sportive. Détenteur du record du monde du 1 500 mètres, du mile et du 2 000 mètres, il est considéré comme le plus grand coureur de demi-fond actuel et, peut-être de tous les temps.
![]() [File] Un rêve devient réalité |
Bien qu’il ait remporté de nombreux championnats du monde sur 1 500 mètres, El Guerrouj avait une première fois laissé l’or olympique lui échapper lors des Jeux de 2000, qui l’avaient vu chuter et se faire coiffer sur le poteau par le Kenyan Noah Ngeny. Il exorcisa ses démons lors des Jeux de 2004, à Athènes, en remportant la victoire sur 1 500 mètres et en effectuant un incroyable retour dans les 5 000 mètres, pour finalement l’emporter devant Kenenisa Bekele, le jeune phénomène éthiopien détenteur du record mondial de la spécialité. Dans un entretien accordé à Magharebia.com, El Guerrouj raconte ses exploits passés, parle de ses succès actuels et de ses projets d’avenir.
Magharebia: Quand vous étiez jeune, vous rêviez de devenir un champion du monde et le « Roi du Mile » ?
Hicham El Guerrouj: Je suis encore jeune ! (Rires.) Quand j’étais enfant, je ne pensais pas à devenir le « Roi du Mile » à récolter des médailles, à battre des records ou à devenir le numéro Un. Simplement, j’aimais courir. J’ai peut-être commence à rêvé de devenir un champion à l’époque de Saïd Aouita [un ancien champion marocain], quand j’ai commencé à m’entraîner plus sérieusement.
Magharebia: Quels ont été les principaux obstacles que vous avez rencontrés au cours de votre carrière ?
El Guerrouj: Finir deuxième aux Jeux de Sydney, en 2000, a probablement été l’un des moments les plus tristes de ma vie. Mais en même temps, cela a renforcé ma motivation, m’a donné plus de courage et m’a rendu plus déterminé. Il m’a fallu longtemps pour m’en remettre, parce que je sentais que j’avais déçu les Marocains, mes supporters. Ce fut également une grande déception personnelle. Mais je l’ai surmontée et ai attendu les Jeux suivants avec beaucoup d’impatience. En 2004, deux médailles d’or m’ont finalement permis de concrétiser mon rêve, en un mélange d’espoir, de bonheur et de satisfaction personnelle qu’il m’est difficile de décrire.
Magharebia: Quel conseil donneriez-vous aux jeunes athlètes ?
El Guerrouj: Rêver de la victoire est une noble cause. L’amour du sport est important, mais l’amour de son pays est également essentiel. En tant que sportif, on devient en quelque sorte ambassadeur de son pays. Votre famille, vos amis, tous vos proches placent de grands espoirs en vous et attendent beaucoup de vous. Il faut rendre un grand amour à tous ces gens qui comptent sur vous. L’amour pour son pays est une motivation très puissante, plus puissante encore qu’on ne le pense au départ. Voilà donc ce que pourrait être mon message aux jeunes athlètes: aimez le sport et aimez votre pays.
Magharebia: Vous avez récemment apporté votre contribution à des projets destinés à aider la jeunesse de votre pays. Pouvez-vous nous en dire plus ? Pourquoi est-il selon vous important d’investir dans la jeunesse ?
El Guerrouj: Les jeunes constituent la grande majorité de la population marocaine. Ils sont l’un des atouts les plus précieux de chaque nation. C’est la raison pour laquelle j’aide les jeunes de mon pays. Et j’aide aussi les jeunes athlètes parce que j’ai autrefois été à leur place. Et l’on m’avait aidé.
Magharebia: Quels sont les nouveaux défis que vous recherchez ?
El Guerrouj: Ma priorité, c’est de m’occuper de ma famille. Je veux voir grandir ma fille, m’assurer qu’elle est bien éduquée. Veiller à son bonheur est un défi en soi. C’est la raison pour laquelle je quitterai la compétition à la fin de la saison 2006.